Les relations entre l’Algérie et la France se sont invitées de nouveau, hier à Alger, à l’occasion d’une conférence animée par l’ancien Premier ministre français, Dominique de Villepin, à l’Ecole supérieure algérienne des affaires.

Ex-Premier ministre, mais aussi ex-ministre des Affaires étrangères, qui a d’ailleurs tacitement rappelé à travers une intervention balisée de plusieurs haltes sur la scène politique internationale, ayant permis à De Villepin d’aborder plusieurs dossiers brûlants de l’heure dans le strict respect des mœurs diplomatiques françaises, inlassablement portées sur son statut de puissance mondiale qui veut avoir un œil et son mot à dire dans chaque région. Dans le cas des conflits qui animent plusieurs régions de la planète, la France est assurément consciente qu’elle ne saurait aller en solo sur le champ des manœuvres, diplomatiques et même militaires, sans devoir impliquer d’autres pays à solide assise politique, gagnée grâce à un discours politique constamment orienté vers le dialogue pour le règlement des conflits. C’est le cas de l’Algérie que l’ancien chef de la diplomatie française qualifie, pour la circonstance, de « force stabilisatrice » qui s’est déployée en Afrique, notamment à travers son rôle joué dans la crise malienne à l’occasion de la signature de l’Accord d’Alger. Sauf que, se limiter à citer pour exemple ce seul accord, et réclamer implicitement que son suivi doit être renforcé, tel que le fait dans sa conférence M. De Villepin, c’est peut-être faire preuve aussi d’un manque de conviction vis-à-vis d’une démarche diplomatique algérienne qui refuse la guerre et l’ingérence et continue à privilégier l’option du dialogue. Autrement dit, une stratégie qui ne peut se permettre d’aller à l’encontre des principes de cet accord pour s’autoriser des initiatives qui incombent aux seules parties en conflit sur le territoire malien. C’est pourtant cette « voix singulière du refus de la guerre et du refus de l’ingérence » qui est revendiquée dans la même conférence pour être entendue dans le Monde arabe, en Libye, au Yémen et en Syrie, où les interventions militaires étrangères servent tous les intérêts, sauf ceux des peuples qui y subissent les affres de la guerre.