L’annonce du ministère du Commerce, le 27 mars 2021, de rendre «obligatoire» l’utilisation des moyens de paiement électronique ne sera vraisemblablement pas concrétisée durant cette année ni peut-être l’année prochaine. Pour cause. Le nombre de TPE théoriquement installés demeure encore très largement insuffisant par rapport à la population des commerçants.

Par Selma Allane
Selon les chiffres communiqués par le Groupe d’intérêt économique (GIE) Monétique, 38 114 Terminaux de paiement électroniques (TPE) sont recensés dans le pays pour 2 145 067 commerçants. Autant dire une goutte d’eau dans un océan, alors que la dématérialisation des transactions demeure également une question lourde à gérer, en raison de la culture du cash, dominante en Algérie. La soustraction au contrôle de l’administration fiscale, quand ce n’est pas l’informel dans sa globalité, rend impossible la mise en exploitation de ce type d’équipement de paiement.
Certes, le nombre de TPE a atteint, à fin mars dernier, 38 144 terminaux, contre 29 469 une année auparavant, soit une hausse de 29,44%, affirme le GIE Monétique. Toutefois, il reste très faible par rapport à la densité du tissu économique national, très loin également des objectifs tracés par le gouvernement de faire obligation, selon la loi de finances 2018, aux commerçants de proposer à leurs clients un TPE pour régler le montant de leurs achats.
Parmi les raisons avancées pour expliquer le manque de TPE, une offre de fabrication locale limitée. L’Entreprise nationale des industries électroniques (ENIE), principal fabricant de TPE en Algérie, ne dépasse pas les 600 unités/jour (300 TPE classiques et 300 smart), selon sa direction. Depuis le début de 2021, l’ENIE a produit 6 000 TPE destinés exclusivement au département des Postes et des Télécommunications. Fortement impacté par la crise sanitaire en 2020 et la crise des liquidités, ce secteur s’est orienté vers l’encouragement des transactions à partir des TPE qui ont connu un taux de croissance de 773%, et des transactions en ligne, mettant en circulation plus de 6,6 millions de cartes Eddahabia dont 3,8 millions renouvelées, pour 4 millions d’opérations ; une hausse de 487% par rapport à 2019 où leur nombre ne dépassait pas les 670 000.
Dans son bilan, le GIE Monétique fait état, pour les trois premiers mois de l’année 2021, d’une progression des transactions électroniques, portées notamment par les paiements en ligne (+247,80% sur un an) et les paiements de proximité par TPE (+384,34%), avec une hausse des cartes interbancaires à plus de 10,7 millions. Il fait état également de 483 801 transactions réalisées par TPE, durant le premier trimestre 2021, pour un montant global de 3,165 milliards de dinars.
Au 31 mars 2021, 10 712 133 cartes interbancaires étaient en circulation (+7,49% par rapport au 1er trimestre 2021), selon le GIE Monétique. Selon la même source, le nombre des web-marchands qui ont intégré la plateforme de paiement sur internet était de 83 (+84,44% par rapport au 1er trimestre 2021), tandis que le nombre de transactions par cartes interbancaires via Internet était de 1 782 213, (+340,65%).

bon à savoir
Le nombre des TPE placés auprès des commerçants à travers le réseau des accepteurs est de 38 144 terminaux.
Le montant des transactions effectuées par Internet est de 2 204 836 081,42 dinars.
Le parc national des guichets/distributeurs automatiques de billets (GAB/DAB) est composé de 3 030 automates.