Les partis politiques, regroupés au sein du Pacte pour une alternative démocratique (PAD), partisans d’un processus constituant, ont réitéré leur opposition au processus référendaire en cours et qui connaîtra son étape finale à l’occasion de la consultation populaire prévue le 1er novembre prochain.
Ce conglomérat de formations politiques issues de la mouvance démocratique qui compte le RCD, le PT, le PST, l’UCP, la LADDH – le FFS ne siège plus dans cette alliance, qui s’est réuni samedi, a rendu public un communiqué dans lequel il appelle à l’organisation d’une «mobilisation unitaire» le 10 octobre prochain pour «contribuer au regroupement le plus large des forces attachées aux revendications de liberté et de souveraineté exprimées par la révolution du 22 février 2019». Le document du PAD évoque d’abord la rentrée sociale visiblement appréhendée au vu notamment, selon les termes utilisés, «la dégradation effroyable de la situation socioéconomique du pays conséquemment aux décisions de confinement et de l’arrêt de plusieurs activités». Ces mesures ont débouché sur «une situation qui risque de provoquer un effondrement de l’économie avec des conséquences incommensurables», craint le PAD, qui reproche aux autorités politiques d’avoir «mis à profit la Covid-19 pour adopter des lois liberticides et suspendre les libertés démocratiques».
Il en veut, comme exemple, «le nouveau code pénal, adopté en plein confinement, il a ouvert la voie à une cascade de procès politiques où sont prononcées de lourdes condamnations contre des journalistes, militants et activistes de la révolution du 22 février 2019», lit-on dans le communiqué. Pour les forces du PAD, «les décisions et actions souvent contradictoires et sélectives prises par le gouvernement dans le cadre de la prétendue lutte contre la pandémie cachent mal une volonté de maintenir le pays en stand-by dans le but de faire passer l’agenda politique du pouvoir».
Sur le projet de révision constitutionnelle en cours, les forces du PAD disent réaffirmer «leur position de principe de rejet de cette démarche dont le but principal est le sauvetage d’un système rejeté par les Algériens qui n’ont cessé de réclamer son départ par millions plus d’une année durant».
Les forces du PAD, même si elles se disent «s’abstenir» à s’exprimer sur le contenu de la mouture de la future loi fondamentale, déclarent relever que «la nature antidémocratique du régime est non seulement préservée, mais elle a aggravé le pouvoir personnel comme jamais auparavant». Les forces du PAD, par ailleurs, s’interrogent sur la signification du «changement radical» de la doctrine de défense nationale, introduite par la constitutionnalisation de la participation de l’Armée nationale populaire aux guerres à l’extérieur des frontières du pays. Ceci vient rappeler, souligne le PAD, «l’adoption de la loi sur les hydrocarbures, hypothéquant la souveraineté nationale, adoptée quelques semaines seulement avant la présidentielle du 12 décembre 2019 pour acheter le silence des grandes puissances et le lobby des multinationales du pétrole et gaz».
Pour les forces du PAD, la Constitution «ne peut être légitime que si elle est l’émanation du peuple qui débat et choisit librement de son contenu et de la forme des institutions qu’il souhaite mettre en place pour satisfaire toutes ses aspirations dans le domaine politique, économique, social, culturel…» n