L’insuffisance d’oxygène médicinal au profit des malades Covid durant la vague de l’été dernier est une leçon devant être bien assimilée, étant donné que le pays n’est pas à l’abri d’une quatrième vague. L’Algérie n’est pas près de laisser se reproduire de tels désagréments et anticipe sur une éventuelle carence de cette matière au niveau des hôpitaux.

PAR INES DALI
C’est dans cette approche anticipative que le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Djamel Lotfi Benbahmed, a tenu, avant-hier mardi, une réunion avec les principaux producteurs de cette matière vitale, durant laquelle la principale instruction portait sur «la nécessité de constituer un stock stratégique» d’oxygène.
D’autres points tout aussi importants, allant de la production à la distribution, ont été abordés, afin d’éviter que les établissements hospitaliers soient confrontés aux mêmes aléas dans le cas où le pays venait à vivre une quatrième vague de la pandémie de Covid-19 et à propos de laquelle les professionnels de la santé ont estimé qu’elle pourrait survenir entre la fin novembre et janvier prochain. Les professionnels de la santé ne cessent de mettre en garde contre une possible 4e vague d’autant, argumentent-ils, qu’on assiste à une faible adhésion à la vaccination conjuguée à un relâchement total des gestes barrières et autres mesures.
Selon toute vraisemblance, il s’agit, cette fois, d’éviter un remake de la psychose vécue durant la vague de l’été dernier en raison d’une flambée de la pandémie qui avait atteint un pic de près de 2 000 cas par jour. Un pic qui avait fait en sorte que les lits d’hospitalisation et de réanimation ont été saturés, avec une très forte demande en oxygène, que la production locale existante n’arrivait plus à satisfaire. Les cas graves nécessitant une oxygénation augmentaient de jour en jour et les décès avec. Les opérateurs avaient augmenté leur production d’oxygène médical et d’autres sont entrés en lice pour tenter de satisfaire le besoin croissant en cette matière. Il a même fallu recourir à l’importation.
C’est dire que l’épisode de la difficulté d’approvisionnement en oxygène médicinal a constitué un tournant ayant conduit à la prise de nombreuses décisions. Outre le renforcement des capacités de production des industriels, on cite également les hôpitaux qui ont été dotés de générateurs ou de centrales d’oxygène afin d’être autonomes. «Cette opération avance bien et elle est toujours en cours», ont assuré à maintes reprises les professionnels de la santé.
Si une prochaine vague devait apparaître dans le pays, on devrait être en mesure de ne plus avoir à subir le problème d’oxygène auquel on a été confronté. C’est dans cette optique qu’entre la rencontre de mardi dernier. «Dans le cadre de la riposte à la pandémie de la Covid-19 et du suivi de la production nationale d’oxygène médical, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, le Dr Abderrahmane Djamel Lotfi Benbahmed, a présidé une réunion de coordination et de suivi avec les principaux producteurs d’oxygène en Algérie», selon le communiqué de ce département ministériel.

principales instructions aux producteurs
L’ensemble des producteurs ont pris part à cette réunion, à savoir Linde Gas, Calgaz, Sidal Gas, Aures Gaz, Rayanox, Maghrébine des gaz médicaux (MGM) et les Gaz industriels Oran, ainsi que des cadres de l’administration centrale et de l’Inspection générale du ministère. «La réunion a été l’occasion de rappeler les mesures prises par le ministère de l’Industrie pharmaceutique pour augmenter la capacité de production ainsi que celles de stockage estimées à 4,2 millions de litres», a précisé la même source.
C’est alors que le ministre a instruit les principaux producteurs d’oxygène médical en Algérie à l’effet de «constituer un stock stratégique selon les capacités de stockage maximales des différentes unités de production». Afin de ne pas être pris de court par d’éventuelles pannes techniques, notamment en cas de très forte demande sur l’oxygène médical, Lotfi Benbahmed a donné, en outre, une instruction concernant ce volet. L’ensemble des producteurs ont été appelés à «assurer les différentes opérations de maintenance et de réparation dans les meilleurs délais». Des équipes d’inspecteurs seront chargées d’assurer un contrôle hebdomadaire et de veiller au strict respect des capacités de stockage, a-t-on indiqué.
La problématique des bouteilles d’oxygène a, elle aussi, été passée en revue et le ministre de l’Industrie Pharmaceutique a instruit tous les opérateurs de «déclarer leurs parcs de bouteilles, ainsi que les états de stock». Ils sont également tenus d’«organiser le système de distribution des bouteilles d’oxygène et de coopérer avec les services territorialement compétents pour assurer la vente conformément à la réglementation en vigueur», selon le même communiqué.
L’importance de maîtriser le circuit de distribution et de vente n’est plus à démontrer après l’anarchie qui a régné durant la 3e vague de l’été dernier, surtout après l’entrée en lice de nombreux spéculateurs qui ont profité de la crise pour en faire un fonds de commerce au détriment de la population en détresse et dans le besoin. La réunion avec le ministre de l’Industrie pharmaceutique a donc permis de passer en revue «l’état des engagements des producteurs nationaux et des différents établissements hospitaliers», mais aussi «l’état de recouvrement et des arriérés de paiement».