Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a reçu hier à Alger, Cheikh Mohamed Ben Abderrahmane Al Thani, vice-président du Conseil des ministres et ministre des Affaires étrangères de l’Etat du Qatar, en visite de travail en Algérie.

La veille, jour de son arrivée à Alger et à l’issue d’entretiens avec le ministre des Affaires étrangères Abdelkader Messahel, le chef de la diplomatie qatarie a exprimé la volonté de son pays de renforcer la coopération avec l’Algérie dans tous les secteurs, notamment dans l’industrie, l’agriculture et le tourisme. Il a annoncé à cette occasion «l’inauguration officielle prochaine» du complexe sidérurgique de Bellara à Jijel, fruit d’un partenariat entre l’Algérie et le Qatar. Les entretiens entre les deux ministres ont porté également sur la situation régionale et internationale, notamment la question palestinienne et les nouveaux développements liés à la nouvelle posture de Washington et ses conséquences. Le ministre qatari a rappelé que les deux parties ont réitéré «leurs positions et leur soutien indéfectible à cette cause et au droit du peuple palestinien à établir l’Etat de Palestine dans les frontières de1967 avec Al Qods comme capitale ». Le ministre qatari a fait part, à cet égard, du rejet par le Qatar de la décision américaine de transférer l’ambassade US dans la ville occupée d’Al-Qods, évoquant «une entrave au processus de paix» dans la région. Le ministre qatari des Affaires étrangères a indiqué que cette rencontre a permis, d’autre part, de s’enquérir des résultats de la réunion ministérielle tripartite (Algérie-Egypte-Tunisie) sur la Libye, mettant en exergue « le rôle important de l’Algérie en vue de trouver des solutions pacifiques à la crise libyenne ». Le chef de la diplomatie qatarie est arrivé lundi à Alger pour une visite de travail de deux jours. Il s’agit visiblement de consolider les relations entre les deux pays passés par des phases diverses notamment depuis la période des fameux « Printemps arabes».
Il va sans dire que depuis la grave crise éclatée en juillet avec son puissant voisin saoudien Doha tente de raffermir ses relations avec d’autres pays arabes notamment ceux considérés comme loin de l’influence directe des Saoudiens. Le Qatar qui s’était lancée indirectement dans des conflits qui dépassaient ses capacités diplomatiques semble aujourd’hui vouloir changer de trajectoire en tentent de se sortir de l’étau imposé par ses voisins l’Egypte, les Emirats arabes-unis et l’Arabie saoudite.
Ces derniers l’accusant d’être le sponsor des Frères Musulmans qui lui imposent une pression permanente allant jusqu’à lui interdire leur espace aérien. Même si cette crise avec ses voisins et partenaires au CCG (Conseil de Coopération du Golfe) a baissé d’intensité aujourd’hui les Qataris semblent particulièrement échaudés par cette tension en tentant de modifier leur politique. Sur la chaîne satellitaire, la fameuse Al-Jazeera le ton est déjà au changement.n