Le passage du Premier ministre Ahmed Ouyahia à la Foire de la production nationale durant sa journée inaugurale a, comme attendu, remis au goût du jour les entreprises qui font actuellement l’actualité en ce qui concerne l’export.

Ainsi, lors de sa visite des stands, il a été longuement question de l’industrie du ciment et de son opérateur public. GICA, a-t-on à nouveau appris, a réussi en 2018 à exporter 270 000 tonnes, et envisage d’atteindre 1,7 million de tonnes en 2019. Les industries électroniques « grand public » ont également été à l’honneur, notamment lorsque le Premier ministre s’est rendu au stand de « Condor » qui a exporté en 2018 ses produits en direction de huit pays, pour un montant d’environ 52 millions de dollars US, et envisage d’augmenter son chiffre d’affaires à l’exportation à 25% d’ici 2022.

Compte tenu de sa qualité, le produit algérien peut être compétitif au niveau des marchés extérieurs, a affirmé le Premier ministre, appelant les opérateurs à se montrer « plus agressifs », notamment dans la filière agro-industrielle qui compte aujourd’hui parmi les plus performantes et susceptibles de mettre en place un véritable « écosystème » entrepreneurial et industriel à même de gagner des parts de marché hors des frontières de l’Algérie. Autre secteur mis en avant, durant cette édition 2018 de la foire de la production, celui de l’automobile qui trouve en cet évènement une plateforme d’exposition idéale et inattendue pour terminer l’année, le Salon autowest devant être le dernier de la saison.
Aux opérateurs de la filière de l’assemblage automobile, Ahmed Ouyahia a lancé un appel pour qu’ils gagnent le pari de l’intégration. « Certaines pièces peuvent être montées » en Algérie et concernent plusieurs marques, a-t-il déclaré avant d’insister sur la « nécessité d’un dialogue entre opérateurs dans le cadre d’une concurrence loyale ». Toutefois, ce qui a le plus retenu l’attention dans la visite du Premier ministre, ce sont les propos qu’il a tenus au stand de la Société nationale des véhicules industriels (SNVI). En des termes arrondis, mais clairs, M. Ouyahia a suggéré que le complexe n’est pas encore à la hauteur des attentes en dépit des sommes d’argent injectées dans ses caisses par l’Etat afin d’arriver à un niveau de production permettant de soulager les opérateurs assembleurs de ne pas recourir au tout-import concernant les intrants dont ils ont besoin. Il a même semblé laisser entendre que le géant industriel de Rouïba a des chances d’entrer en partenariat avec un opérateur international. « Certains opérateurs exigent du gouvernement des licences d’importation du matériel qui leur est nécessaire car en manque sur le marché local », a-t-il dit. « Mon message aux travailleurs, a-t-il lancé, est de redoubler davantage d’efforts. Nous comptons établir un large partenariat. Personne n’entravera l’avenir du complexe industriel qui est un patrimoine du peuple algérien ou les salaires des travailleurs, alors que le partenaire social a réagi à ce sujet. Donc, une solution s’impose à ce problème en suspens depuis plus d’une année », a déclaré M. Ouyahia. n