Au lendemain de la décision de la réouverture partielle des frontières à partir du 1er juin, les professionnels de la santé, à l’instar du Professeur Kamal Sanhaji, président de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, le professeur Rachid Belhadj, président du Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires, et le professeur Ryad Mahiaoui, membre du Comité scientifique du suivi de la pandémie en Algérie, ont salué, hier, à l’unanimité cette décision. Tout en apportant un aperçu sur les modalités du protocole sanitaire qui seront appliquées en attendant plus de détails sur les différentes mesures au courant de la semaine prochaine.

Par Sihem Bounabi
Le professeur Kamal Sanhaji a ainsi affirmé, hier, qu’«il y aura une organisation minutieuse du processus d’ouverture des frontières, notamment avec la présence de nouvelles souches». C’est dans cet esprit, qu’en coordination avec les différents services, il sera mis «en place au niveau des aéroports des unités de laboratoires pour diagnostiquer et contrôler les opérations d’entrée et de sortie des voyageurs». Intervenant en tant qu’invité au «Forum de la Radio nationale» le Pr Sanhadji a précisé que ces laboratoires seront équipés du matériel nécessaire, notamment pour des analyses PCR, ajoutant que le protocole de santé s’appliquera plus vigoureusement aux entrées sur le territoire. Ainsi, il a affirmé que les trois aéroports, en l’occurrence Alger, Oran et Constantine, qui reçoivent des arrivées de l’étranger, disposent de laboratoires équipés des derniers moyens afin de mettre en œuvre des procédures de diagnostic qui permettront d’identifier les personnes infectées par le coronavirus ou ses variants. Le président de l’Agence a également affirmé que les autorités mettront en œuvre un protocole sanitaire strict et précis offrant les plus hauts niveaux de sécurité. Pour sa part, le professeur Rachid Belhadj, Directeur des activités médicales et paramédicales et chef du service de médecine légale de l’hôpital universitaire Mustapha-Bacha d’Alger, a confirmé que la décision de l’ouverture progressive des frontières repose sur «un fondement scientifique basé sur les propositions du Comité scientifique», estimant qu’«il s’agit également d’une décision humanitaire».
L’avion plus sûr que les autres moyens de transport Toutefois, il insiste sur le respect strict du protocole sanitaire et celui des mesures préventives, rappelant que l’épidémie de la Covid-19 s’est propagée en Algérie par l’entrée sur le territoire national d’un voyageur contaminé par le virus.
Le professeur Rachid Belhadj, également président du Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu), a ainsi déclaré, hier, sur les ondes de la Chaîne I de la Radio nationale, que «la décision d’ouvrir les frontières est une bonne nouvelle en raison de la diminution du nombre d’infections par le Coronavirus et le lancement de la campagne de vaccination, ce qui a incité les autorités à s’orienter vers une ouverture progressive». Il précise à propos de l’ouverture partielle des frontières qu’«actuellement, il n’est pas possible d’ouvrir l’espace aérien de manière globale et que la décision d’ouverture partielle est la plus judicieuse dans le contexte actuel».
Le président du Snechu a ainsi expliqué que «la transmission du virus dans l’avion est moins sévère par rapport aux autres moyens de transport. «C’est la meilleure prévention en termes de sécurité sanitaire» car «l’avion dispose de climatiseurs équipés d’un filtre et stérilisé automatiquement avant et après le voyage. Ce qui contribue à réduire la transmission de l’infection.» Il a également ajouté que «la caractéristique de l’avion est que le nombre de personnes qui sont à bord est fixe et plus facile à contrôler et la durée du vol est également limitée». Par conséquent, d’un point de vue de mesures préventives contre les risques de la propagation du coronavirus «voyager en avion est plus sûr que de voyager par bateau».
Le Professeur Belhadj appelle toutefois les citoyens, en particulier ceux venant de l’étranger, à faire preuve de prudence et à respecter les mesures préventives.
Les frais de confinement à la charge des voyageurs
Pour sa part, le professeur Ryad Mahiaoui, membre du Comité scientifique de suivi de la pandémie, a déclaré, hier, lors de son passage sur une chaîne de télévision privée, que l’ouverture progressive des frontières coïncide avec la stabilité de la situation épidémiologique en Algérie. Il souligne que la priorité pour les premiers vols sera logiquement destinée aux Algériens qui sont bloqués depuis mars 2020 ainsi que les malades en situation critique. Il précise à ce sujet qu’«après plus d’un an de fermeture des frontières, il y a des Algériens bloqués à l’étranger et qui sont en situation de difficulté, donc cette solution vient alléger cette détresse».
Ryad Mahiaoui a aussi expliqué les différentes procédures strictes du protocole sanitaire qui accompagne l’ouverture progressive des frontières. Dans le cadre de ses mesures, lorsque le point de départ du voyageur est un pays où les variants du coronavirus se sont fortement propagées, les autorités algériennes exigent des voyageurs un test PCR négatif de moins de 36 heures. A l’arrivée sur le territoire national, un nouveau test sera effectué à l’aéroport d’arrivée aux frais du voyageur. Au cas où ce nouveau test se révèle positif, un confinement de 10 jours sera imposé aux frais des voyageurs et sera suivi par un test PCR. C’est seulement dans le cas où ce nouveau test se révélera négatif que les voyageurs pourront sortir de l’isolement et circuler librement sur le territoire national.
Le membre du Comité scientifique a précisé, dans ce sillage, que «les détails du protocole sanitaire pour voyager de et vers l’Algérie seront connus dans la semaine et largement diffusés». Le voyageur doit signer un engagement de paiement de tous les frais nécessaires.
Ainsi, l’élément nouveau que doivent prendre en considération les voyageurs qui prendront l’avion, tel que l’a révélé le membre du comité scientifique, et que les frais de confinement et des tests de détection subis à l’arrivée seront à la charge des voyageurs. En effet, l’octroi d’autorisations sur le territoire national sera conditionné par la signature du voyageur d’un engagement de paiement de tous les frais nécessaires relatif au cas suspect de contamination par la Covid-19, appelant ainsi à une réelle responsabilité de chacun pour limiter au maximum la propagation du coronavirus ou de ces variants dans le contexte de l’ouverture des frontières. <