L’ouverture graduelle des plages et mosquées à partir de samedi prochain sera une «période test» jusqu’au 31 août et «si cela évolue bien, nous continuerons dans le même sens, c’est-à-dire ouvrir graduellement», a affirmé le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid.

«Nous garderons aussi un œil sur les endroits ouverts et si les règles sanitaires ne sont pas respectées, il y aussi la possibilité de les refermer», a-t-il ajouté, lors de son passage sur les ondes de la Radio nationale.
Tout en estimant que l’autorisation des plages est venue «soulager la population après plusieurs mois de fatigue psychologique» et de la «charge excessive du confinement», le ministre a, néanmoins, souligné que l’ouverture de celles-ci représente «plus de risque» par rapport aux mosquées en termes de contaminations au coronavirus, expliquant dans les détails comment les choses se déroulent concrètement.
«Si nous comparons les plages et les mosquées, je dirai qu’on peut mieux contrôler dans les mosquées parce que c’est un espace fermé. Il y a les caméras thermiques, il y a aussi les bénévoles qui veillent au respect des mesures de prévention, qui indiquent aux fidèles – qui doivent avoir un tapis individuel de prière – les endroits de prière et quand c’est complet, on le leur dit. Donc on peut discipliner», a indiqué le ministre.
«Mais à la plage ce sera plus difficile, car il y aura des dizaines de milliers de personnes. Dans une mosquée, c’est un peu statique, mais à la plage, tout le monde bouge, les gens vont nager, jouent au ballon… Le premier à sensibiliser est le citoyen et les groupes de citoyens, puisque la plupart du temps, ce sont des familles…», a encore expliqué le ministre. D’où, a-t-il poursuivi, «nous allons voir comment cela va-t-il se passer. Il y aura aussi les forces de l’ordre qui seront présentes, mais seulement pour attirer l’attention des gens en cas de négligence».
Le Pr Benbouzid a mis l’accent sur le fait qu’«il y aura une observation tous les jours» et qu’en cas de non-respect des protocoles et mesures sanitaires, il ne sera pas attendu jusqu’à la fin d’août pour fermer une mosquée ou une plage. «Dès qu’il apparait qu’il y a un manquement aux règles sanitaires dans un endroit donné, les mesures seront prises par les walis. La sécurité du citoyen est placée au-dessus de tout», a-t-il fait savoir.

Moins de tension dans les hôpitaux
Le Pr Benbouzid est, par ailleurs, revenu sur les sacrifices consentis par le personnel médical qui déplore des dizaines de pertes de vie humaines parmi les siens. Il a fait savoir que le pays enregistre «70 décès dans le corps médical dus au nouveau coronavirus et environ 4.000 travailleurs qui ont déjà été contaminés par le Covid-19». Concernant les agressions contre le personnel soignant, il a déclaré que «ce phénomène s’est arrêté» et que «les lois qui ont été promulguées à cet égard ont porté leurs fruits».
Le Pr Benbouzid a également déclaré qu’il y a actuellement «moins de tension dans les hôpitaux et sur les lits hospitaliers», notant que «les hôpitaux de tout le pays se trouvent désormais dans une situation confortable et ne subissent plus de fortes pressions». «De 11.000 personnes hospitalisées, on est actuellement à 6.000. Au 10 août, on a recensé 19.000 lits d’hospitalisations pour un taux d’occupation qui n’est que de 36 % en moyenne nationale et de 33% pour la réanimation», a-t-il révélé.
«Le problème de pénurie de l’oxygène, après une forte demande sur ce produit et l’arrêt de certains actes comme celui de l’endommagement des cuves, est également réglé», selon le ministre, qui met en garde contre le relâchement. «Le virus toujours là. Mais nous sommes obligés de cohabiter avec lui. Cela suppose par ailleurs que le rempart qu’est la santé maintienne la même vigilance et la même mobilisation avec plus de moyens». C’est ainsi qu’il a réitéré son appel à la sensibilisation des citoyens et au respect des mesures préventives telles que le port du masque et la distanciation sociale. A ce propos, le ministre considère ces comportements comme un indicateur positif pour limiter la propagation du coronavirus, en mettant en garde contre tout relâchement.
S’exprimant sur la situation épidémique, il a estimé que celle-ci est stable. «La situation épidémique se stabilise mais dans un plateau élevé. Nous avons espoir que les choses vont s’améliorer. Nous avons même des indicateurs qui montrent que la situation est de tendance baissière», a-t-il affirmé. Toutefois, il a réitéré les mises en garde contre une éventuelle recrudescence de la pandémie. «Je répète que personne ne connait la nature de ce virus. Par conséquent, personne ne s’engage à avancer que la situation est maîtrisée. La situation peut flamber à tout moment, ce que nous ne souhaitons pas», a-t-il soutenu.
Interrogé sur le vaccin, le ministre a expliqué qu’il sera à la disposition du peuple algérien dès sa commercialisation, tout en tenant compte de son efficacité. Il a évoqué l’avancée du vaccin russe contre le Covid-19 qui est déjà enregistré, ainsi que les autres laboratoires de recherche comme Astra Zeneka, Moderna, Sanofi et trois laboratoires chinois. Il a déclaré, à ce propos, que l’Algérie est prête à acheter le vaccin dès qu’il sera mis sur le marché et quel que soit son prix, la santé du citoyen étant au-dessus de tout».
«Nous souhaitons que la vie reprenne son cours normale, que l’économie reprenne aussi», a conclu le Pr Benbouzid, tout en exprimant son «inquiétude» quant à la «rentrée sociale» où il y aura une «reprise dans les espaces clos, comme les écoles». De même que l’arrivée de la « saison du froid synonyme de période de grippe», d’où son énième appel à la vigilance de la part de tous.<