La vedette de la chanson kabyle, Takfarinas, a fait vibrer le stade scolaire de la ville de Béjaïa, dans la soirée de samedi, lors de l’ouverture de la 16e édition du Festival de la chanson amazighe qui s’étalera jusqu’au 15 du mois en cours.

C’est vers 22h15 que le coup d’envoi de cette manifestation culturelle a été donné par les organisateurs du comité culturel de la commune de Bé-jaïa (CCCB), en présence d’un public très nombreux venu se défouler en cette période de détente par excellence.

Après plus de cinq années d’absence sur la scène artistique locale, Takfarinas revient en force pour se produire, encore une fois, dans la ville de Yemma Gouraya, dont il vénère ses lieux saints, comme il l’avoue lui-même, avant l’entame de son concert. Son public béjaoui, qui l’attendait avec impatience, lui a réservé un accueil des plus chaleureux. Dès que l’artiste est apparu sur scène, des tonnerres d’applaudissements entrecoupés par des youyous stridents des femmes présentes en masse, fusent de partout.

Entouré d’un orchestre professionnel, l’artiste commence à égrener quelques notes de son mandole à deux manches, avant d’enflammer la scène avec sa voix chaude et suave qui résonnait de loin. Une ambiance euphorique s’installe dans ce stade scolaire qui s’avère exigu devant l’ampleur de la foule.

Vers minuit, Takfarinas et son orchestre marqueront une pause. L’animatrice de la soirée, accompagnée du président du CCCB, M. Youcef Kadri, appelle la veuve du défunt chanteur Abdelkader Bouhi et Boudjemaâ Agraw, auxquels est dédiée cette édition, à monter sur scène pour recevoir des mains du directeur général de l’office national des droits d’auteurs (ONDA), Sami Bencheikh, des prix symboliques.

À noter que les organisateurs ont décidé de rendre hommage à ces deux artistes de la wilaya de Béjaïa, pour avoir été les initiateurs et défenseurs de ce festival de la chanson amazighe, dont la première édition fut organisée en 1995, grâce à leurs mobilisation et engagement, en tant que militants de la cause amazighe. Lors de sa prise de parole à l’issue de cette cérémonie de remise de prix, Boudjemaâ Agraw a tenu à remercier les organisateurs de cette manifestation, avant de dédier le prix qu’on lui a décerné à cette occasion, à l’ensemble des martyrs de la cause identitaire et de la démocratie. Ensuite, ce chanteur engagé qui vient de fêter ses 45 ans de carrière, a été invité par son ancien compagnon du mythique groupe Agraw à monter sur scène pour chanter ensemble « Ghori yiwen oumdakkel » et « Leswar ezine », ce qui leur rappelle le bon vieux temps des années 1980.