Le coup d’envoi du 4e Salon international de la créativité s’est ouvert, mardi passé au Palais de la culture Moufdi-Zakaria d’Alger, en présence du ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, accompagné de la ministre de la Culture du Mali, N’diaye Ramatoulaye Diallo, pays invité d’honneur de cette édition, et des ministres de la Communication, Djamel Kaouane, et de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, ainsi que du directeur de l’Office national des droits d’auteur (Onda), Sami Bencheikh El Hocine, organisateur de la manifestation.

Lors de la cérémonie d’ouverture, qui s’est déroulée dans la soirée de mardi à l’auditorium du Palais de la culture Moufdi-Zakaria, le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi a réaffirmé le soutien du président de la République Abdelaziz Bouteflika à la créativité et a souligné les capacités créatives de l’Algérie et des pays participant à ce salon. Il a également souligné «les liens historiques, économiques et culturels qui lient l’Algérie et le Mali, pays frère, qui se renforcent et évoluent au fil des années». Concernant le secteur de la culture, il a affirmé son engagement pour que «les projets culturels en commun soient concrétisés. Ces partenariats bilatéraux sont l’occasion d’exprimer nos racines africaines».
Cette quatrième édition, placée sous le slogan «Des valeurs à partager», accueille pour la première fois douze pays africains, avec le Mali, en tant qu’invité d’honneur. L’édition 2018, qui se poursuit jusqu’au 21 avril est également marquée par une forte présence de différents organismes internationaux pour la protection des droits d’auteurs de Tunisie, de France et du Mali, représenté à travers le Bureau malien des droits d’auteur (Bumda).

Forte présence des sociétés d’auteurs
A ce sujet, la cérémonie d’ouverture a été l’occasion pour le directeur de l’ONDA, Sami Bencheikh El Hocine, de saluer le soutien de l’Etat algérien au respect des droits d’auteurs et de saluer les efforts des différentes sociétés d’auteurs internationales. Le directeur de l’Onda a tenu à saluer, particulièrement, Pascal Rogard, Directeur général la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), présent dans la salle, en soulignant que «la SACD est à l’origine des sociétés des droits d’auteur dans le monde». La défense des droits d’auteur et de la propriété intellectuelle était également au menu de la soirée, lors de l’allocution de Sylvie Forbin, vice-directrice générale de l’Organisation mondiale des droits d’auteur (OMPI), qui a transmis un message du Directeur général de l’OMPI, Francis Gurry, mettant en exergue l’expérience algérienne dans le domaine. «La vitalité de ce secteur qui est dans ce pays la conjugaison du talent algérien et de l’extrême engagement de son directeur Sami Bencheikh, pour offrir à ce secteur le soutien et la gestion des droits d’auteur, des créateurs et des artistes.», souligne la représentante de l’OMPI. «Je pense que cette conjugaison de talents et aussi de la gestion au quotidien des droits des créateurs est un mariage extrême réussi en Algérie et c’est un modèle que nous portons souvent comme exemple dans les autres pays», ajoute-t-elle.

L’OMPI rend hommage aux femmes créatrices
Sylvie Forbin a également rappelé que l’Algérie et la Chine sont à l’origine de la célébration de la Journée mondiale de la propriété intellectuelle, le 23 avril de chaque année. Cette année, cette journée mondiale est placée sous le slogan de «l’innovation et la créativité des femmes, moteurs de changement».
Dans ce sillage, la représentante de l’OMPI rendra hommage aux femmes créatrices algériennes, à titre posthume pour Assia Djebar et Warda Djzaïria, Ahlem Mostaghanemi et Djouhra du groupe «Djurdjura» qui elles étaient présentes. Cette cérémonie d’ouverture a également été l’occasion de découvrir les lauréats du prix des créateurs de l’année de l’OMPI, en l’occurrence la femme de lettres et universitaire algérienne, Hadjer Kouidri, le groupe Imzad Bay et le jeune artiste Samy Hachoud.

Le jury du prix Miriam-Makeba dévoilé
L’autre grande annonce de cette soirée est la découverte des membres du jury du Prix Miriam-Makeba de la créativité artistique qui sera décerné tous les 14 septembre. Le jury est composé de Ahmed Bedjaoui, Ahlem Mesteghnami, de l’artiste capverdienne Solange Cesarovna Rodrigues, du scénariste Yves Nilly, vice-président de la WDW (Writer and Directors Worlwide), du chanteur marocain Abdelwaheb Doukali et du réalisateur sud-africain Ramdan Sulman. Ce dernier, très ému, confie : «C’est une honte pour l’Afrique du Sud de ne pas avoir honoré Miriam Makeba, dix après sa mort.» Ajoutant que «cela m’honore et me réjouis que l’Algérie rende hommage à cette grande dame de la culture africaine». Pour sa part, Solange Cesarovna Rodrigues souligne que «Miriam Makeba est un grand symbole et une référence pour toutes les femmes créatrices africaines. Ce prix qui porte son nom est aussi l’occasion de donner l’opportunité pour les jeunes de s’inscrire dans le sillage de cette grande dame et de renforcer l’union africaine à travers le partage de la passion de la création dans l’Afrique».
Pour rappel, le prix «Miriam-Makeba» de la créativité artistique sera décerné pour la première fois à Alger, le 14 septembre prochain, aux meilleurs créateurs africains, toutes disciplines artistiques confondues. Doté de «100 000 dollars», le prix «Miriam-Makeba», est organisé par l’ONDA en hommage à l’artiste, symbole de la lutte apartheid et du panafricanisme.