Les questions de financement des projets
de réalisation de centrales photovoltaïques, la certification des panneaux solaires, de choix des équipements sont autant de contraintes à l’accélération du programme de réalisation de 1000 MW/an de production d’énergie solaire d’ici à 2024.

Par Khaled Remouche
Les acteurs de la filière énergie solaire sont dans l’attente du 15 juin, date où aura lieu l’ouverture des plis inhérents à l’appel d’offres de 1000MW. Pour Boukhalfa Yaici, le Directeur général du cluster énergie solaire, «l’allumage du processus» est très important. En effet, il est clair qu’avec le grand retard pris dans le lancement de cet appel d’offres, il est difficile de parvenir à atteindre une capacité de production de 4000 MW à l’horizon 2024.
Pour le Directeur général, l’essentiel est de finaliser, en 2023, le processus de sélection des entreprises chargées de la réalisation des centrales photovoltaïques qui, au total, produiront 1000 MW et d’entamer les travaux de réalisation de ces installations. Au courant de l’année 2023, il faudrait procéder au lancement du second appel d’offres de 1000 MW et les choses devraient aller plus vite après cette première expérience. «Il faut savoir que le 15 juin aura lieu la phase technique.» Au cours de cette étape, indique Boukhalfa Yaici, «seront déterminées les entreprises soumissionnaires qui répondent au cahier des charges». S’ensuivra une seconde étape d’ouverture des plis financiers. La sélection définitive de ces entreprises aura lieu si tout se passe bien en septembre prochain. Il est également prévu une autre sélection, celle des entreprises locales qui devront fournir en équipements ces centrales photovoltaïques.
En effet, cet appel d’offres répond aux attentes des acteurs du cluster puisqu’ils privilégient le contenu local, puisque l’outil national de fabrication solaire sera impliqué. L’Algérie dispose d’une capacité de fabrication de panneaux solaires comprise entre 350 à 450 MW, soit entre 35 à 45% des besoins de l’appel d’offres. Les fabricants nationaux de supports des panneaux photovoltaïques seront également sollicités.
Cet appel d’offres, s’il est bien mené, peut conduire à une dynamique en matière d’investissement dans la filière énergie solaire. Le scénario qui va sans doute se produire est la constitution de groupements. Shaems, la société publique algérienne qui doit obligatoirement détenir 34% du consortium, sera associée à des sociétés locales ou étrangères. «Ce qui est souhaité, ajoute le Directeur général du cluster, c’est la constitution de groupements entre Shaems et une société locale ou plusieurs et une société étrangère ou plusieurs. Quant au financement, un aspect problématique, ce sont les banques algériennes qui apporteront leur concours en bonne partie, le restant sera apporté par les fonds propres des sociétés choisies pour la réalisation de ces centrales photovoltaïques. Les discussions des banques avec les groupements choisis en vue d’un accord de prêt vont prendre du temps. Ce qui peut nous amener à fin 2022, voire début 2023, pour que tout soit ficelé pour conclure le contrat définitif de la réalisation de ces centrales photovoltaïques. Un préalable devra également être levé, c’est celui de la certification qualité des panneaux photovoltaïques fabriqués en Algérie. Il faudrait qu’un organisme algérien soit qualifié pour délivrer ce certificat de qualité.
L’engouement pour cet appel d’offres, plus d’une centaine de sociétés intéressées, dont de grandes sociétés étrangères, sera jugé à l’aune du nombre de sociétés ayant répondu au cahier des charges. Il sera vérifié donc lors de l’ouverture des plis. La phase de sélection permettra également de mesurer le degré de rentabilité des projets. Le prix du kilowatt/heure comme déterminant de cette sélection sera-t-il attractif ? C’est à toutes ces questions, que des réponses claires seront données à l’issue de ce processus de sélection. n