La conférence internationale sur la Libye s’est ouverte hier à Palerme en Italie avec l’espoir de sortir le pays de l’instabilité qui le ronge et d’encourager le nouveau plan élaboré par l’Onu pour l’organisation des élections en 2019.

Les autorités gouvernementales libyennes ont appelé les présents à «une vision commune» pour trouver une solution à la crise. «La conférence de Palerme est un pas fondamental dans l’objectif de la stabilisation de la Libye et pour la sécurité de toute la Méditerranée», a affirmé en ouverture le président du Conseil italien Giuseppe Conte soulignant que son gouvernement «n’a aucunement l’intention de dicter des solutions» lors de cette conférence avec la participation d’une vingtaine de pays, dont l’Algérie qui sera représentée aujourd’hui par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia accompagné du ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel. A la veille de la tenue de cette conférence, Giuseppe Conte a indiqué que «l’Italie veut relever un défi commun, celui de la stabilisation de la Libye et éviter les risques de dégradations supplémentaires de la crise qui pèsent» sur tous les pays de la région. Le président du Conseil italien tentera de rasséréner le contentieux entre Rome et Paris sur la question en précisant que «l’Italie et la France partagent le même point de vue et les mêmes objectifs sur le dossier libyen», soulignant que «cette conférence est pour la Libye et non pas sur la Libye». Ce nouveau rendez-vous sicilien devra se focaliser sur les conditions du retour au calme dans ce pays déstabilisé et la remise en marche de l’économie libyenne, selon les autorités italiennes. Le représentant de l’Onu dans ce dossier, Ghassan Salamé, a indiqué que le processus électoral dans le pays devrait démarrer au printemps 2019 après la tenue d’une conférence nationale en début d’année qui devra réunir les différents acteurs libyens. Il précisera que toutes «les conditions sont désormais propices» pour la stabilisation de la Libye. Pour les autorités italiennes, l’objectif de la conférence de Palerme est d’aider les différentes parties libyennes à trouver eux-mêmes une solution à la crise actuelle.
Les élections début 2019
Le Premier ministre libyen Fayez Sarraj a souligné «la nécessité d’unifier les positions» de Paris et Rome pour tenter de sortir de la crise. L’Italie est particulièrement préoccupée par la question des migrants dont des dizaines de milliers cherchent chaque année à joindre ses côtes à partir de la Libye où les passeurs, profitant du désordre, sont très actifs. Plusieurs puissances occidentales montrent désormais des divergences sur le traitement de la question libyenne, ce qui ne fait que compliquer la solution commune. Après la rencontre de Paris, Rome avait reproché à Paris de vouloir faire cavalier seul sur la Libye, dirigée aujourd’hui par deux entités rivales : le GNA, issu d’un processus onusien basé à Tripoli et une autorité installée dans l’Est soutenue par un Parlement élu en 2014 et une force armée dirigée par le maréchal Haftar. En mai dernier, Paris avait fortement plaidé pour la tenue d’élections en décembre, rencontrant très vite le scepticisme côté italien, mais aussi côté américain.
«Nous soutenons les élections le plus tôt possible, mais des délais artificiels et un processus précipité seraient contre-productifs», a déclaré jeudi David Hale, numéro trois de la diplomatie américaine. Un avis partagé par l’envoyé spécial des Nations unies Ghassan Salamé qui a confirmé devant le Conseil de sécurité de l’Onu qu’une conférence nationale devrait se tenir début 2019, enterrant de fait la perspective d’élections avant la fin de l’année en cours. Le retour au calme et la remise en marche de l’économie libyenne sont d’ailleurs deux objectifs de cette conférence