« La jeunesse et la politique de l’emploi», tel est le thème générique de l’université d’été de Rassemblement-Actions-Jeunesse (RAJ), dont les travaux ont été ouverts jeudi dernier au camp d’été MAM-Tours de Tichy.

Le choix de cette thématique n’est guère fortuit. En effet, selon le président du RAJ, Abdelouahab Fersaoui, les animateurs de son organisation ont été interpellés par des citoyens, notamment les jeunes, lors du sondage réalisé l’année dernière. Un sondage qui s’est penché sur les préoccupations de la jeunesse algérienne, a-t-il rappelé. La première préoccupation de cette dernière est l’emploi.
Ainsi, M. Fersaoui a indiqué que sur un échantillon de 1 367 questionnaires auxquels ont répondu des jeunes, âgés entre 18-35 ans, au niveau des 48 wilayas du pays, c’est cette problématique, qui vient en tête des problèmes de la classe juvénile. C’est pour cette raison que les responsables de RAJ ont décidé de convier à cette rencontre des économistes, des chercheurs et des syndicalistes, afin de discuter sur les politiques économiques et la problématique de l’emploi en Algérie « qui demeure la préoccupation majeure, notamment chez les jeunes ».
Le premier panel d’intervenants est composé de Mourad Ouchichi, enseignant à l’université de Béjaïa, qui a présenté une communication sur « les mécanismes de création de l’emploi et leurs limites » et de son collègue de la même faculté, M. Hachemaoui,
y a traité du « passage de l’université au monde du travail». M. Ouchichi, l’auteur de « Les fondements politiques de l’économie rentière en Algérie», publié par les éditions Déclic, est revenu avant de rentrer dans le vif du sujet sur les principales problématiques, abordées et analysées dans son livre. Lesquelles problématiques touchent essentiellement « aux origines du mal de l’économie algérienne et à la nature des obstacles, qui se dressent contre la transition de l’économie».
Le conférencier fait partie des économistes qui font plutôt des constats d’échecs en ce qui concerne les dispositifs d’emploi ou d’aides à l’emploi, essentiellement celui de l’Ansej, d’aide à la création d’entreprises pour les jeunes. Et lesquels dispositifs n’ont été conçus que pour « acheter la paix sociale » par transfert de rente.
Selon lui, les seules véritables réformes qu’a effectivement engagées l’Algérie depuis l’Indépendance, ce sont celles initiées par le gouvernement Hamrouche et, en quelques mois seulement – c’est ce qu’il a démontré dans «Les fondements politiques de l’économie rentière en Algérie». De son point de vue, c’est l’utilisation politique des ressources économiques qui explique « la persistance tragique du caractère rentier de l’économie algérienne ». Il expliquera, par ailleurs, que depuis l’Indépendance, « les ressources du pays sont utilisées non pas pour amorcer les dynamiques d’accumulation, mais à des fins de contrôle et de domination de la société pour le maintien et la régénération du régime».
Pour sa part, l’enseignant en économie, M. Hachemaoui, a présenté une communication, intitulée «De l’université au monde du travail.»
Une préoccupation du pouvoir politique, qui espère arriver à l’amélioration de l’employabilité et de l’insertion professionnelle des jeunes et plus particulièrement des diplômés universitaires.
Notons enfin que cette rencontre-débat vise essentiellement à «offrir des perspectives d’emploi améliorées pour les diplômés universitaires à travers l’amélioration de leurs compétences en recherche d’emploi, de leur employabilité de base et de leur aptitude à l’entrepreneuriat», a-t-on souligné.n