Par Bouzid Chalabi
Comme annoncé sur ces mêmes colonnes dans notre édition de jeudi 9 jeudi 2022, le ministre des Finances Abderrahmane Raouya s’est prononcé sur l’ouverture de bureaux de change en Algérie lors d’une séance plénière à l’Assemblé nationale populaire tenue jeudi dernier et consacrée aux questions orales. Il a indiqué à cette occasion que « cette proposition demeure toujours envisageable ».
Non sans préciser que « les investisseurs ne manifestent pas d’intérêt pour cette activité et pour preuve nous n’avons jusqu’ici pas enregistré de demande d’ouverture de bureaux de changes ». Un défaut d’engouement qui pour l’argentier du pays tire sa raison « en premier lieu à la faiblesse d’attrait de cette activité, du simple fait que le taux de change de rémunération de ces bureaux a été plafonné à 1% ». Toutefois, le ministre des Finances a expliqué que « ce dossier relève exclusivement de la responsabilité de la Banque d’Algérie qui a mis en place un cadre réglementaire régissant l’activité des bureaux de change et permettant d’assurer la traçabilité, la transparence et le contrôle des transactions y afférentes, en vue de garantir le respect des dispositions relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent, ainsi que les objectifs de la politique de change ». Par ailleurs, le ministre a fait savoir que « la Banque d’Algérie suivait l’évolution du marché des changes, ce qui permet d’opérer les changements nécessaires en ce qui concerne le cadre réglementaire, dans le but de s’adapter aux besoins et aux objectifs économiques du pays », a-t-il conclu avant de répondre à d’autres questions. Entre autres celle relative à la possibilité de prise de mesures permettant aux propriétaires de véhicules touristiques et utilitaires de bénéficier d’une exonération en termes de droits douaniers et de la TVA. Le ministre des Finances a fait savoir que ces avantages étaient dédiés à une catégorie bien définie par la législation en vigueur dans ce cadre, à savoir les invalides de la guerre de libération nationale, les fils de chahid handicapés et les personnes invalides dans un cadre civil. Il en néanmoins considéré qu’une telle proposition « va élargir le champ de subventions de manière injustifiée contrairement à la politique mise en place portant rationalisation des politiques de subvention économique et orientation de la subvention en faveur des ayants droit ». Poursuivant dans ce sens, que « généraliser ces avantages à d’autres catégories aura de lourdes conséquences économiques », sous forme de prélèvements considérables des recettes fiscales et « une charge qu’auront à assumer les ministères concernés par ces exemptions », a-t-il rétorqué.
A une question d’un député sur l’indépendance du commissaire aux comptes dans l’exercice de ses missions de contrôle, le ministre des Finances a précisé que « la nomination des commissaires aux comptes au niveau des entreprises s’effectuent en toute transparence conformément à la loi ». Et d’arguer que « l’Etat algérien a initié la réforme juridique des professions comptables à travers la loi 10-01 du 29 juin 2021, relative aux professions d’experts comptables, de commissaires aux comptes et de comptables agréés ». Ce nouveau cadre juridique, a ajouté le ministre, garantit la consécration de mécanismes visant « la transparence dans la gestion » conformément aux principes de concurrence, en se basant sur un cahier des charges pour la désignation des commissaires aux comptes au niveau des entreprises dans le cadre des règles de comptabilité financière, explique-t-il, ajoutant que le cahier des charges est l’une des méthodes efficaces garantissant l’égalité des chances entre candidats.
« Le choix des commissaires aux comptes demeure tributaire des garanties protégeant le commissaire et l’assistant dans ses mission sans pression ni népotisme », a-t-il assuré, soulignant « le rôle de contrôle du ministère des Finances en vue de garantir la régularité des procédures suivies pour choisir les commissaires aux comptes », a conclu l’argentier du pays. n