C’est aujourd’hui que la session parlementaire s’ouvre au sein des deux chambres du Parlement : l’Assemblée populaire nationale (APN) et le Conseil de la Nation. Cette session, contrairement aux précédentes, intervient dans un contexte politique des plus particuliers, sans compter la tendance de la justice à solliciter de plus en plus la levée de l’immunité parlementaire pour cause de corruption.
En effet, pas plus tard que ce 28 août, le ministère de la Justice a introduit auprès du Conseil de la Nation une demande de levée de l’immunité parlementaire contre deux sénateurs, en l’occurrence Ali Taïbi et Chaib Hamoud, qui font l’objet d’enquêtes diligentées par le ministère de la Justice pour fait de « corruption » et « trafic d’influence ». Cette sollicitation de la justice, retransmise en directe à travers les chaînes de télévision, a grandement marqué l’esprit tant des sénateurs que des députés. « Un climat de psychose et de panique règne au sein du Parlement », nous révèle un sénateur du tiers présidentiel, selon lequel « les représentants du peuple s’inquiètent à l’idée d’être convoqués par la justice et de voir leur immunité parlementaire levée ». C’est que dans les coulisses du Parlement, il est annoncé que « c’est la commission juridique et administrative qui sera le plus sollicitée lors de cette session, que ce soit au Conseil de la nation ou à l’APN, puisqu’elle aura à examiner des dossiers de parlementaires impliqués dans des affaires louches », révèle un député du FLN, selon lequel « après le passage de Talai, Ghoul, Ould Abbès et Barkat devant les commissions juridiques parlementaires, le bruit court que ces commissions juridiques seront également appelées à éplucher d’autres dossiers de patrons qui sont également parlementaires aux fins de permettre leur présentation devant les juges».
D’où la panique des parlementaires. Il faut expliquer à ce propos que les formations de l’ex-Alliance présidentielle, notamment le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND), avaient, lors des dernières législatives intégré dans leurs listes électorales plusieurs hommes d’affaires et patrons d’entreprise. La perspective d’une convocation par la justice de ces patrons et parlementaires à la fois les met dans un état d’alerte maximale. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, les représentants du peuple, reprennent le chemin du Parlement. L’ouverture de cette session sera certainement marquée par des discours des présidents tant de l’APN que du Sénat, lesquels seront certainement à forte tonalité politique. Mais, jusqu’à l’heure où nous mettions sous presse aucun ordre du jour n’a été fixé pour cette session ni avant-projet de loi n’a atterrit sur le bureau des parlementaires. Il semblerait, selon nos sources, que l’ordre du jour de la session serait intiment lié aux conclusions du dialogue actuellement en cours ainsi qu’à la perspective de la tenue d’une présidentielle. Ceci étant, il est attendu aujourd’hui de voir le boycott de la session par des parlementaires de l’opposition, à l’instar de ceux du Parti des travailleurs, du Front des forces socialistes ainsi que du Rassemblement pour la culture et la démocratie.