L’Algérie suit avec attention tout ce qui se fait en matière de vaccin contre le nouveau coronavirus et s’assurera d’avoir toutes les garanties avant son acquisition en s’appuyant sur les recommandations de ses scientifiques. En outre, le pays mène des consultations indépendantes avec six laboratoires pour acquérir des doses supplémentaires de vaccins, en sus des 20% de doses qu’il se procurera dans le cadre de l’initiative Covax dans un premier temps.

«Il faut que nous ayons toutes les garanties requises d’avoir un vaccin efficace avant son acquisition. Pour ce faire, nous nous appuyons sur une méthodologie et une approche scientifiques que nous avons adoptées depuis le début de la pandémie dans le pays», a déclaré, hier, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, en marge d’une conférence les manifestations du 11 Décembre 1960. Il a réaffirmé que l’Algérie ne veut pas se précipiter, car il s’agit de «la préservation de la santé de nos concitoyens».
«La démarche que nous avons adoptée a démontré que l’Algérie a pu maitriser les différentes étapes de cette crise sanitaire en dépit de ce qui se dit», a-t-il dit, soulignant qu’il faut «faire confiance à nos médecins et au Comité scientifique dont la justesse des recommandations a été prouvée».
Pour sa part, le ministre de la Santé, qui s’est exprimé sur le vaccin anti-Covid-19 a tenu à noter lui aussi qu’il ne faut pas se précipiter, d’autant qu’il n’y a «aucun pays ou laboratoire qui a obtenu l’homologation de son vaccin par l’Organisation mondiale de la santé (OMS)», soulignant que l’Algérie suit avec attention tout ce qui se fait dans ce dossier. «Nous sommes dans un mécanisme organisé avec l’OMS, Covax et autres organismes. Nous avons commencé à nous informer sur l’antidote depuis le 6 août dernier. Actuellement, l’Algérie a la garantie d’obtenir 20% de ses besoins dans le cadre de Covax», a-t-il indiqué vendredi à la télévision nationale. Mais l’Algérie ne s’est pas suffise à l’initiative susmentionnée. «Nous avons aussi entrepris des consultations indépendantes avec six laboratoires qui sont dans la phase 3 de leurs essais, comme la Chine et la Russie ainsi que d’autres laboratoires que je préfère ne pas citer», a fait savoir le Pr Benbouzid.
Le ministre a précisé que l’Algérie a émis «des intentions d’intérêt, sans engagement financier, pour être dans la liste des pays acquéreurs» lorsque les vaccins seront prêts à être commercialisés, notant qu’aucun vaccin n’a une autorisation de mise sur le marché.
Il fera remarquer que comparaison n’est pas raison face à des interrogations selon lesquelles l’Algérie serait en retard pour choisir un vaccin alors que certains pays ont commencé la vaccination. «Il ne faut pas qu’on nous lie en nous disant regardez tel ou tel pays qui a débuté la vaccination», a-t-il préconisé, en s’appuyant sur le fait qu’il faille aussi voir le nombre de pays développés qui n’ont pas débuté la vaccination et qui ont opté pour la prudence. Il a donné l’exemple de la Suisse qui a décidé de temporiser et de ne commencer la vaccination qu’en mai prochain pour y voir plus clair. «Les pays développés qui n’ont pas encore vacciné sont finalement plus nombreux que ceux qui l’ont fait. C’est par prudence et c’est notre démarche en Algérie car nous voulons préserver la santé de nos concitoyens, surtout que certains vaccins ne sont pas complètement sûrs étant donné que c’est la première fois qu’ils sont utilisés sur des humains», a argumenté le Pr Benbouzid.

Fabrication locale du vaccin russe : «Pas d’information officielle»
A propos de la proposition de la part de la Russie pour une éventuelle fabrication de son vaccin (Spoutnik V) en Algérie sur laquelle s’est exprimée l’ambassadeur russe dans un entretien à l’agence Spoutnik, le ministre de la Santé a répondu dans détour. «Je n’ai aucune information officielle à ce sujet», a-t-il dit, ajoutant que «les discussions» qu’il a eues «avec l’ambassadeur russe ont concerné le vaccin mais pas sa fabrication locale».
Quoi qu’il en soit, l’Algérie préfère «patienter un peu et voir si les vaccins proposés par l’ensemble des laboratoires ne présentent pas de problèmes», selon le ministre qui a toutefois relevé il n’y pas de vaccins sans effets secondaires. Bref, l’Algérie veut concentrer son choix sur un antidote «efficace, homologué, testé et à un prix rationnel», a résumé le ministre, soulignant que les prix varient entre 8 dollars (2 doses) et 150 dollars (2 doses).
Pour la stratégie de vaccination, qui et quand vacciner, le Pr Benbouzid a indiqué que tous les Algériens ont droit au vaccin mais que celui-ci n’est cependant pas obligatoire. De même qu’il est tout à fait logique, selon lui, qu’il y a des priorités dans la vaccination (personnes vulnérables) puisqu’on ne disposera que de 20% des besoins dans un premier temps.

Feu vert pour le vaccin de Pfizer-BioNTech
Les Etats-Unis ont accordé vendredi une autorisation en urgence au vaccin de l’alliance Pfizer-BioNTech contre le Covid-19, a annoncé la directrice scientifique de l’Agence américaine des médicaments (FDA). La veille, jeudi, les résultats complets des essais cliniques du vaccin contre le Covid-19 développé par cette alliance américano-allemande ont été publiés dans le New England Journal of Medicine, la revue médicale la plus cotée aux Etats-Unis. La revue scientifique estime dans un éditorial que les résultats confirment un «triomphe» du vaccin, selon l’AFP.
C’est donc le deuxième vaccin à avoir ses résultats validés et publié par une revue scientifique de renom, après celui du laboratoire AstraZenaca la fin de la semaine dernière.
Par ailleurs, Le laboratoire AstraZeneca et la Russie ont annoncé vendredi des essais cliniques communs combinant leurs deux vaccins contre le nouveau coronavirus.
Quant aux laboratoires français Sanofi et britannique GSK, ils ont annoncé vendredi que leur vaccin contre le Covid-19 ne serait prêt que vers la fin de 2021, après des résultats moins bons qu’espéré des premiers essais cliniques. La conduite du programme «est retardée afin d’améliorer la réponse immunitaire chez les personnes âgées», ont indiqué les groupes dans un communiqué.
Ils tablent désormais sur une mise à disposition d’un vaccin au quatrième trimestre de l’an prochain, alors qu’ils espéraient initialement présenter une demande d’homologation au premier semestre 2021 et livrer un milliard de doses cette même année.