La ville d’Oum El Bouaghi semble en déphasage avec son statut. L’inexistence d’une réelle éthique commerciale dans la ville, l’absence de rigueur dans l’application de la réglementation et le manque suivi l’ont transformée en un grand espace pour le marché informel et une activité commerciale en deçà des attentes.

Alors que son extension remarquable, dont la population approche les 100 000 habitants et a vu l’érection d’une nouvelle ville dénommée Makomadès (sud du chef-lieu de wilaya), disposant d’une université de plus de 20 000 étudiants, d’une Maison de la culture, d’une bibliothèque principale de lecture publique, d’un théâtre de plein air qui ouvrira bientôt, sans parler de toutes les infrastructures administratives, devait normalement apporter un plus à la ville en matière de développement et d’émancipation en compatibilité avec son rang de chef-lieu de wilaya, la ville d’Oum El Bouaghi semble en déphasage avec son statut. L’inexistence d’une réelle éthique commerciale dans la ville, exacerbée par l’absence de rigueur dans l’application de la réglementation et le manque suivi l’ont transformée en un grand espace pour le marché informel et une activité commerciale en deçà des attentes.  En effet, des pseudos commerçants de fruits et légumes et autres marchandises, refusant carrément d’occuper des carreaux dans le marché de proximité de la cité Benboulaid, préfèrent étaler à même le sol leurs marchandises dans chaque carrefour et squatter tout espace libre dans les quartiers et cités, voire installer des étals de fortune au bord des différents axes routiers (El Kmin, Bir Djedida, Bir Khechba, VSA Sidi Rghiss, sortie sud de la ville). Proliférant d’une manière importante, le marché de l’informel ne cesse de squatter les espaces publics dans le chef-lieu de wilaya où les commerçants de tous bords gênant la circulation piétonne et automobile sans être inquiétés, transformant le chef-lieu de wilaya en un grand bazar où tout se vend et s’achète et le nombre de marchands ambulants ne cesse d’augmenter. Pis, avec le refus des commerçants depuis des années d’activer dans la légalité et d’occuper le marché de proximité de la cité Benboulaid 1, ce dernier est demeuré fermé et a fait l’objet de location à une entreprise publique pour le rentabiliser. Du coup, la ville ne disposera pas de marché couvert à l’instar des autres grandes villes pour permettre à ses habitants de faire leurs emplettes quotidiennement et se retrouvent contraints d’attendre le marché hebdomadaire chaque mardi. La ville ne dispose toujours pas de centres commerciaux à l’instar des autres villes du pays. En matière d’économie, véritable pierre angulaire en ces temps des vaches maigres, le chef-lieu de wilaya ne dispose d’aucune unité de production d’envergure digne de ce nom offrant des dizaines de postes d’emploi à l’instar des autres agglomérations telles Aïn Mlila et Aïn Beïda en dépit de la présence d’une Zone d’activité et de dépôt (ZAD), malheureusement sans impact particulier.
Une autre activité propre au chef-lieu de wilaya demeure la prolifération remarquable des taxis clandestins. Ces derniers ne cessent de squatter tous les espaces libres de la ville en rendant exigus les espaces réservés aux habitants leur faisant courir parfois le risque d’accidents. Ces clandestins, en majorité des retraités de la Fonction publique, de l’Armée et autres, activant illégalement dans le transport des personnes et entravant le métier des taxis légaux payant les charges et les impôts, provenant en majorité des bourgades et agglomérations voisines provoquent parfois des rixes avec les riverains. Disposant de potentialités naturelles remarquables, forêts, montagne, la ville, en l’absence d’investissements proprement dits dans le créneau loisirs, est un espace où il ne fait pas bon vivre pour les familles en quête d’espaces de villégiature pour leur progéniture. Enfin, quarante-six ans sont passés depuis qu’Oum El Bouaghi a fait l’objet de promotion au rang de chef-lieu de wilaya, un statut qui a permis au bourg d’autrefois abritant à peine plus de 10 000 habitants d’approcher les 100 000, au vu de l’expansion urbanistique remarquable résultant de la concrétisation d’ambitieux programmes de logements, d’infrastructures socio-administratives, d’établissements scolaires, de formation professionnelle et autres. Malheureusement, l’absence d’un l’esprit citadin persiste suite à l’exode rural massif enregistré et qui a apporté son lot de difficultés et désagréments impactant l’essor de développement de la cité !