Limitée au nord par la commune du chef-lieu de wilaya, au sud par Rémila (Khenchela), à l’est par Fkirina et à l’ouest par Boughrara-Saoudi, la commune de Aïn Zitoun (30 kilomètres au sud-ouest d’Oum El Bouaghi) s’étale sur une superficie de 738 km2 et abrite près de 7000 âmes. Elle est la plus vaste de la wilaya d’Oum El Bouaghi, mais comptabilise une faible densité de population en raison de son environnement difficile et d’un essor de développement au ralenti.

La commune est à vocation agropastorale au vu de la spécificité de ses parcours favorisant l’élevage ovin et bovin pour lesquels elle fut jadis réputée, néanmoins 36 ans après sa promotion au rang de commune (1984), l’agglomération tâtonne toujours avec son aspect hideux et des préoccupations majeures des populations non prises en charge par les élus locaux qui se sont relayés depuis à la tête de la commune en misant toujours sur la donne tribale. La première sortie du nouveau chef de l’Exécutif, depuis son installation dans cette commune, a réellement mis à nu les défaillances et les insuffisances auxquelles font face quotidiennement les citoyens de la commune. D’ailleurs le divorce de ces derniers avec leurs élus locaux semble consommé depuis belle lurette au vu de l’ampleur des préoccupations soulevées devant le chef de l’Exécutif. Les retards comptabilisés par le projet de modernisation du Chemin de wilaya 09, du PK 11+000 au PK 17+ 500 sur 5,5 kilomètres, dont la nécessité est absolue pour le désenclavement de la région, ont fait l’objet de critiques acerbes de la part des citoyens. Lesquelles revendications étaient telles – tout le monde voulait parler au chef de l’Exécutif – qu’elles avaient contraint le wali à leur parler à tous et à leur proposer la création ou l’élection d’un comité de village agréé pour être l’interlocuteur principal avec les responsables à tous les niveaux. Cela étant, le chef de l’Exécutif a réitéré sa disponibilité et son engagement pour la prise en charge de toutes les préoccupations majeures des habitants de cette commune rurale notamment en matière de logements sociaux, ruraux, électrification, désenclavement, cantine s scolaire, école…
La situation complètement dégradée de la route menant vers l’école ainsi que celle de la salle de soins abandonnée depuis belle lurette dans un état lamentable ont été dénoncées par les habitants de mechta Thniat El Kebch (Jerjour) qui ont aussi exigé le transport scolaire pour leurs enfants. Composée de 9 mechtas, Raâ Tafza, Foum El Anba, El Fedjouj, Thniet El Kebch, Guéllif, Rakrak, Cherachar, Mzaier, Boual, la commune de Aïn Zitoun, dont le nom émane de la présence d’une source jaillissant de la montagne la surplombant, demeure un espace d’excellence pour l’élevage en raison de la qualité de ses parcours, dont la superficie ne cesse malheureusement de rétrécir à cause des labours et des forages illicites pratiqués depuis quelques années par les citoyens faisant fi carrément de la réglementation et de l’équilibre biologique de la région. La commune abrite aussi des potentialités touristiques, telle la zone humide de Garraât Taref, qui s’étale sur 33 ha et accueille en saison hivernale avec les pluies des milliers d’oiseaux migrateurs à l’exemple des flamands roses et certaines espèces rares qui viennent pour nicher dans ses eaux.

Santé, un secteur malade
La dotation de la commune d’une polyclinique a toujours été une revendication majeure des citoyens, déplorant le fait qu’ils soient contraints de faire appel à des clandestins pour rallier le chef-lieu de wilaya pour une simple consultation. Quant à l’évacuation nocturne des patients, notamment les femmes enceintes, cela demeure un véritable supplice avec les risques de la route et autres. Même les salles de soins, telles celles des mechtas Djramnia et Guélif, prenant en charge auparavant les patients en matière de soins les plus élémentaires, n’assurent plus cette fonction. Les citoyens, ne sachant à quel saint se vouer, déplorent aussi les promesses creuses, alors que la région a comptabilisé des cas de pathologie telle la variole sans parler de la rage des chiens…
En matière d’éducation, les citoyens font part de la nécessité de renforcer l’unique école Chénafi-Lakhdar travaillant depuis des années avec un effectif dépassant la quarantaine d’élèves par classe, par une nouvelle école. Quant aux établissements scolaires répartis à travers les mechtas, ils demeurent dépourvus totalement de moyens avec des conditions de scolarité précaires, exacerbées par le manque de transport scolaire qui a contraint de nombreux enfants, particulièrement les filles à quitter le banc d’école.

L’emploi synonyme de chômage, marginalisation et exode
Déplorant la marginalisation de leur commune en matière de développement, les habitants et particulièrement les jeunes, l’attribuent à plusieurs facteurs, la faible population dans la région résultant du sous-développement, l’exode massif vers les agglomérations voisines des diplômés et autres cadres. De ce fait, les jeunes résidant dans les groupements importants tels mechtas Guellif, Chracher, demeurent privés totalement des postes d’emploi de diverses formules, une situation qu’ils n’arrivent pas à élucider, selon eux.

Logements : quotas minimes et avenir sombre
Pour ce qui est du logement, les citoyens ont déploré énergiquement l’insuffisance des programmes de logements pour leur commune lors de la visite du chef de l’Exécutif (projet de réalisation de 80 logements sociaux). Lesquels programmes auraient au moins un impact sur l’extension de l’agglomération et sa transformation en une entité urbaine réellement selon les habitants, au lieu de demeurer à l’état de bourgade comme elle l’est actuellement.
Car en dépit de sa position géographique donnant accès à la wilaya voisine Batna, Aïn Zitoun est demeurée depuis longtemps comme simple zone de transit, dépourvue des structures les plus élémentaires.
Une situation n’ayant pas permis selon les habitants au créneau de l’investissement notamment en matière de services (cafés, restauration, hôtellerie…) de s’installer en dépit de l’intensité du trafic routier quotidien résultant du passage quotidien des camions, transporteurs de voyageurs (bus, taxis collectifs).

Développement rural : secteur sinistré et vocation déviée
En dépit de son vaste territoire pastoral par excellence, la commune de Aïn Zitoun a subi depuis sa création les méfaits négatifs de la politique de sa gestion, notamment marquée par les conflits tribaux en l’absence de rigueur de la part des élus locaux et des pouvoirs publics, quant à la délimitation de la propriété des milliers d’hectares de terre.
Une situation qui entraîne à chaque saison de labours-semailles des rixes tribales parfois graves et l’entame de nombreuses actions judiciaires. Les citoyens ont aussi une grande part de responsabilité quant au non-respect de la réglementation en matière de conservation des milliers d’hectares de parcours, labours et fonçages de puits illicites.
Les éleveurs de la région ne savent à quel saint se vouer devant l’atteinte subie par de vastes superficies de parcours à cause des labours illicites en dépit de la lutte acharnée des pouvoirs publics à l’encontre du phénomène pour lequel ses arrêtés et décisions ne sont pas appliqués sur le terrain en raison de l’influence de certains politicards.
Face aux superficies forestières protégées farouchement par les services de la conservation des forêts, les éleveurs sont devant un véritable casse-tête quant aux espaces nécessaires au pâturage de leur cheptel, d’où la menace pesant sur la suspension de l’activité pastorale. Par ailleurs, un autre problème et pas des moindres compte tenu de la gravité de son impact sur le développement et l’aspect réglementaire demeure le phénomène de vente des terres exploitées dans le cadre des contrats de concession agricole à d’autres agriculteurs. Ces derniers n’hésitent pas à procéder aussi à des transactions illégales et anarchiques affichant une indifférence totale vis-à-vis des conséquences. En l’absence de rigueur, le phénomène a pris de l’ampleur.

Chrachar, un sous-développement criant
C’est la mechta de la précarité et du sous-développement au sens propre du terme, selon ses habitants. Car dans ces lieux, les signes de la précarité sociale ne manquent pas. L’absence de pistes rurales de désenclavement engendre en saison hivernale une situation de crues des eaux empêchant carrément les élèves à rejoindre l’école. Quant au raccordement à l’énergie électrique, cela demeure un rêve pour les citoyens qui ont réalisé des logements dans l’espoir de se stabiliser.
L’AEP ne fait pas exception ici non plus, la rareté du liquide vital nécessaire pour les habitants et leur cheptel est telle que la majorité d’entre eux se sont retrouvés contraints à l’utilisation de l’eau des citernes de colporteurs, surtout après la sécheresse qu’a connue la région les dernières années.
Éleveur de père en fils, les agriculteurs de la région vivent un véritable calvaire quant à poursuivre l’activité dans l’attente de jours meilleurs et l’intérêt nécessaire des responsables à la vocation de la région. Alors que de nombreux ronds-points ont été concrétisés dans le cadre du dédoublement de la voie sur l’axe Oum El Bouaghi-Khenchela, mechta Chrachar n’a pas bénéficié de ce moyen pour la relier à mechta Arrar, l’historique connu pour les batailles des moudjahidine durant la période coloniale. De ce fait, les citoyens se rendant à ces deux mechtas sont contraints d’aller jusqu’à la route secondaire menant vers les communes de Kais et Rmila (Khenchela) voisines pour les rallier, d’où les protestations répétées des citoyens qui n’ont pas encore trouvé d’échos.
Le programme
des Hauts-Plateaux
sans impact
En dépit de sa classification en 2006 dans les communes des Hauts-Plateaux, Aïn Zitoun n’a enregistré, selon ses habitants, aucun impact positif de cet important programme. De ce fait, depuis cette date, aucune évolution n’a été comptabilisée. Pis, les retombées négatives se sont accentuées au moment où les habitants s’attendaient à un essor de développement satisfaisant au début de l’application de ce programme gouvernemental. n