Les pouvoirs publics doivent-ils garder fermé l’espace commercial couvert, situé à la cité Benboulaïd, qui a coûté des millions, voire des milliards au Trésor public ? La population du chef-lieu de wilaya est-elle condamnée à subir le diktat de ces pseudo-commerçants, réfutant toute initiative citadine d’activer à l’intérieur du marché et ne cherchant que le gain facile ? Doit-elle vivre d’une manière archaïque éternellement ?

Des interrogations qui exigent des réponses, afin que la ville d’Oum El Bouaghi, dont toute l’infrastructure est nouvelle, vive réellement son statut de chef-lieu de wilaya et non demeurer une ville dortoir ! En effet, plus de quarante ans depuis la promotion de la ville au rang de chef-lieu de wilaya, avec plus de 80 000 habitants qui continuent à faire leurs emplettes chaque mardi au marché hebdomadaire. Une tradition datant de longtemps en dépit de l’expansion urbanistique de la ville.

Cette situation ne résulte pas de l’absence de ce genre de marché couvert de proximité), mais à la réticence et le refus catégorique des commerçants de fruits et légumes d’occuper cet espace. Dans le cadre de la lutte contre le marché informel, les pouvoirs publics avaient initié un programme conséquent de réalisation de marchés de proximité dans les agglomérations, à l’exemple de celui du chef-lieu de wilaya. Ce dernier, localisé à la cité Benboulaid (sud du chef-lieu de wilaya), qui a coûté des centaines de millions, demeure fermé parce que les commerçants préfèrent vendre à la sauvette sur les trottoirs et les bords des axes routiers sans avoir à payer ni impôts ni loyer du local, c’est-à-dire verser carrément dans l’informel. Compter sur le marché hebdomadaire pour les besoins en fruits et légumes constitue un retour de la ville à son statut de simple commune de 14 000 habitants des années 70, alors qu’elle dispose de toutes les commodités d’une grande ville (transport urbain, université, instituts de formation, hôtels, nouvelle ville… Enfin, il demeure impératif pour les pouvoirs publics de rentabiliser ces structures commerciales réalisées à travers les grandes agglomérations de la wilaya pour atténuer le commerce de l’informel qui ne cesse de gangrener l’économie. Et comme on dit « chassez le naturel, il revient au galop ». Le commerce de l’informel est de retour en puissance dans certains lieux, à l’exemple de ce qu’on appelle au chef-lieu de wilaya « la cité », où trottoirs, chaussées ne sont pas épargnés par les étals anarchiques à même le sol des pseudo-commerçants. n