L’agriculture a fait l’objet, en milieu de semaine dernière, d’un débat à l’Assemblée populaire de wilaya. Les discussions ont été une occasion pour les élus de la région de tirer la sonnette d’alarme et demander à ce que les plans d’aménagement urbain ne menacent plus les terres cultivables…

L’occasion a été propice aux élus de la commission de l’agriculture et l’hydraulique de l’APW de soulever la menace de l’extension des plans d’aménagement urbain planant sur les superficies et espaces agricoles illustrée par des projections vidéo où des agriculteurs ont tiré la sonnette d’alarme, voire dénoncé et décrié la situation. Ce qui a laissé perplexes les élus et les responsables présents. « Devant la croissance démographique en zone urbaine, nécessitant de plus en plus d’espaces pour édifier de nouveaux logements, certaines communes n’ont pas hésité à proposer une extension urbaine au détriment de vastes superficies de terres agricoles de fertilité avérée et à haut rendement », souligne le rapport de la commission de l’agriculture de l’APW d’Oum El Bouaghi.
Cet état de fait a soulevé l’étonnement et l’inquiétude dans le monde de l’agriculture quant au risque de régression des rendements agricoles dans certaines régions de la wilaya connues pour leurs productions records. Une situation décriée énergiquement par les agriculteurs selon les membres de la commission, car touchant surtout des terres de productivité élevée en céréaliculture, légumes secs et autres. Considérant les propositions de l’extension urbanistique touchant les espaces agricoles comme des décisions arbitraires portant préjudice à la vocation de la région, la commission de l’agriculture de l’APW fait part d’un véritable appel de détresse des agriculteurs de la commune de Ouled Hamla, à quelques encablures à l’ouest d’Ain Mlila (61 km à l’ouest du chef-lieu de wilaya). Cette région réputée pour son maraichage pratiqué grâce à l’irrigation est touchée par l’extension du plan d’aménagement urbain sur une superficie de 115 hectares de terres très fertiles et à haut rendement. Une situation qui a fait l’objet de la saisie des autorités locales et centrales par les services de l’agriculture de la wilaya pour réviser le plan d’aménagement en question, selon la même source. De ce fait, la commission de l’agriculture de l’APW, tout en mettant en exergue la nécessité de l’extension urbanistique devant le développement que connaît la région, rappelle la nécessité d’une étude sérieuse tenant compte des réalités du terrain, afin de protéger les terres à haut rendement. Intervenant, le chef de l’exécutif n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour déplorer cette situation « C’est inacceptable de mettre en place des programmes d’équipements publics sur des terres agricoles, on doit se rattraper », a-t-il martelé, avant de citer l’exemple de la daïra de Dhalaâ (90 km à l’extrême sud-est de la wilaya) où tous les équipements publics nécessaires au développement de la ville ont été édifiés sur des terres agricoles. Enfin l’autopsie du secteur stratégique sur lequel repose l’économie vient à point nommé au moment où les pouvoirs publics déploient de conséquents efforts quant à booster les exportations hors hydrocpour atténuer l’impact de la conjoncture née après la chute du prix du pétrole.