Faisant partie des régions céréalières du pays, la wilaya d’Oum El Bouaghi est réputée aussi pour sa vocation pastorale. Cette dernière est pratiquée dans les terrains de parcours localisés dans les communes d’Aïn Zitoun, Oum El Bouaghi, Bir Chouhada, Ouled Zouaï, Oued Nini, Fkirina, Meskiana, Dhalaâ, Djazia…

Ces parcours constituent un moyen de protection contre l’avancée du désert (désertification), la montée des sels dans les parcelles steppiques et demeurent un espace privilégié pour la disponibilité de l’aliment du bétail et la protection du cheptel des pathologies. Ces espaces sont chapeautés, comme le stipule la réglementation, par les communes et une partie est prise en charge par le programme du Haut-Commissariat de développement des steppes (HCDS), pour lequel des enveloppes financières conséquentes lui ont été allouées par les pouvoirs publics. Cependant, sur le terrain, les parcours en question sont confrontés à un problème leur portant préjudice, voire les rétrécissant de plus en plus. Il s’agit de labours anarchiques et d’un pastoralisme intensif pratiqués par des citoyens et agriculteurs défiant ainsi les lois de la République. Ces derniers n’hésitent pas à pratiquer des labours sur ces parcours au vu et au su de tout le monde, selon la Commission de l’agriculture de l’APW, alors que d’autres procèdent au début de chaque saison agricole à l’extension anarchique de leurs parcelles au détriment des parcours. Pis, ces opérations illégales de labours des parcours n’ont cessé de prendre de l’ampleur ces derniers années, selon la même source, à travers les communes citées, engendrant ainsi la dégradation du couvert végétal dans les zones pastorales, la montée des sels, l’avancée des sables et la diminution de plus en plus des superficies de la steppe et la régression du cheptel. L’absence de repères pour ces terrains de parcours, ne disposant pas du tout de plans cadastraux, et tout l’impact négatif, voire la complexité qui en découle pour leur suivi, a été mise en exergue par la Commission de l’agriculture de l’APW. Pas moins de 125 ha sur une superficie globale de 3 000 ha à Meskiana, 1 005 ha sur un total de 2 200 à Aïn Zitoun et 590 sur 1 150 ha à Bhir Chergui ont fait l’objet de mise en valeur par le Haut-Commissariat de développement de la steppe (HCDS) dans le cadre de son programme d’intervention en matière de plantation forestière, pastorale, mise en valeur des terres et réalisation de tranchées pour l’écoulement des eaux.
Déplorant la faiblesse des superficies plantées par rapport aux superficies globales attribuées au HCDS, l’absence de couverture des parcours en question en matière de gardiennage, la faiblesse du taux de réussite des projets en dépit des dépenses faramineuses, la Commission de l’agriculture de l’APW précise aussi que les projets continuent à faire l’objet d’agression en permanence en l’absence de mesures répressives et coercitives à l’encontre de ceux portant préjudice aux parcours à cause de l’éloignement du siège du HCDS. Enfin, un intervenant (élu de l’APW) a fait part à l’assistance du placement des parcours en question sous l’autorité du P/APC. L’élu insistera sur la faiblesse des moyens de la commune pour mener sa politique de protection. De ce fait, la nécessité de l’intervention de l’Etat pour mettre fin une fois pour toute à l’agression des parcours et espaces vitaux pour le cheptel, au demeurant l’une des richesses de la région sur laquelle repose l’économie de la wilaya, a encore rappelé le même intervenant.