Dans le souci d’attirer l’attention des pouvoirs publics et l’ensemble des institutions de l’Etat, particulièrement le ministère de l’Education nationale, sur les dangers et les défis guettant la langue et la culture chaouies dans toutes ses composantes, les membres de la coordination de la culture de l’identité amazighe de la wilaya d’Oum El Bouaghi réitèrent, dans un communiqué remis à la presse,

cinq revendications. Le retour à l’utilisation du manuel scolaire comportant toutes les variantes linguistiques régionales sans exception dans l’attente de la standardisation de la langue amazighe. L’ouverture de plus de classes dans les trois paliers de l’enseignement et dans toutes les communes de la wilaya dans le cadre de l’élargissement et la généralisation de la langue amazighe. La création de plus de postes budgétaires pour les enseignants de langue amazighe et la mise à leur disposition de l’encadrement nécessaire par la direction de l’éducation, notamment en matière de suivi, formation, inspection et autres. L’abrogation de l’aspect facultatif de l’enseignement de la langue amazighe et la nécessité de son obligation pour tous. L’intégration des enseignants sortant du département de langue et culture amazighes de l’université de Batna dans des postes permanents pour combler le déficit et préserver ainsi la particularité linguistique régionale (chaoui).
Le communiqué en question, paraphé par un collectif de 8 associations et adressé au ministère de l’Education, au chef de l’exécutif de la wilaya d’Oum El Bouaghi, au directeur de l’éducation et aux associations des parents d’élèves, fait suite à une série de réunions successives tenues les 30 mars, 7 et 13 avril 2018, qui avaient pour ordre du jour le débat de la situation déplorable de la langue amazighe dans la wilaya d’Oum El Bouaghi, particulièrement sa variété locale (chaoui) et l’évaluation des efforts de son intégration dans le système éducatif débuté en 1995. L’intégration en question n’a pas connu le développement et l’épanouissement attendus, ajoute le communiqué. Car ces derniers permettent d’accompagner les recommandations des pouvoirs publics destinés à sa promotion et à sa généralisation dans l’enseignement dans sa particularité linguistique régionale, en attendant son éventuelle standardisation par l’académie de tamazight.