Décidément, le conflit opposant les médecins spécialistes, affiliés au Syndicat national des praticiens spécialistes du secteur public (SNPSSP), à la direction de l’Établissement public hospitalier Ibn-Sina d’Oum El Bouaghi n’en finit pas. Il perdure dans le temps avec tout l’impact négatif sur la prise en charge des patients.

Suite à la fermeture de la garde chirurgicale, les praticiens sont passés cette fois à la vitesse supérieure en brandissant la menace d’une démission collective. Cette menace a été annoncée aux médias par le secrétaire général de la section locale du SNPSSP de l’établissement hospitalier. En effet, leur énième protestation, au milieu de la semaine dernière, dénonçait les conditions déplorables de l’exercice de leur fonction, notamment l’absence de considération des préoccupations des praticiens concernant la prise en charge convenable des patients, l’absence de moyens pour l’hospitalisation à domicile, d’analyses médicales, l’interférence dans les prérogatives des chef de service, l’abus de questionnaires à l’encontre des praticiens, les entraves à l’activité syndicale et autres. Dénonçant énergiquement une situation perdurant depuis plusieurs mois, les spécialistes soulignent aussi les retombées négatives subies par le maillon faible de toute la chaîne, en l’occurrence les patients.
Il importe de rappeler que l’établissement public hospitalier Ibn Sina n’a cessé, depuis son ouverture, de connaître des soubresauts causés par les protestations des médecins spécialistes et autres sans qu’aucune solution réelle et rigoureuse se soit pointée à l’horizon.
La prise en charge des revendications professionnelles, concerne la disponibilité et le fonctionnement des équipements et matériels indispensables, la prise en charge des patients, l’autoclave, l’IRM, la célioscopie, de la chaux sodée, l’oxygène… et celles organisationnelles, telles que le respect des prérogatives et décisions du conseil médical et des chefs de service, l’absence d’écho aux rapports de ces derniers. Une suite se devait d’être effective pour permettre à l’EPH Ibn-Sina sérénité et efficacité au grand bonheur des patients.
Enfin, une question se pose d’elle-même : n’est-il pas temps pour les pouvoirs publics, et particulièrement la tutelle (santé), de prendre en charge énergiquement le problème gangrénant l’établissement hospitalier, voire lui donner carrément un nouveau souffle, en prenant des mesures exemplaires à même d’assurer une réhabilitation effective de la mission de santé publique de cette structure ?