«C’est grave, ce qui a été dit dans le rapport. Une commission multidisciplinaire sera mise en place pour clarifier la situation et si c’est nécessaire, aller devant la justice»,

avait martelé le chef de l’Exécutif de la wilaya après le constat plus que négatif concernant les projets d’investissement dans le cadre des dispositifs de soutien rapporté par le président la commission de l’agriculture et l’intervention du directeur de la Cnac qui a récusé les chiffres et la situation en question.

En effet, l’attribution et le suivi sur le terrain des projets attribués dans le cadre de l’investissement dans le secteur agricole (élevage bovin) par les dispositifs de l’Ansej et la Cnac ont fait l’objet de critiques acerbes de la part de la commission de l’agriculture de l’Assemblée populaire de wilaya d’Oum El Bouaghi, lors de sa dernière session de 2016.
De nombreuses contradictions ont été décelées dans le contenu des rapports des dispositifs en question et les déclarations des bénéficiaires, d’aprés la commission de l’agriculture de l’Assemblée populaire de la wilaya d’Oum El Bouaghi.
Selon cette dernière, les responsables des dispositifs en question font état de 80% de projets d’élevage bovin concrétisés, assurant une production laitière sur le terrain et 20% restants connaîtront des mesures à même de les rentabiliser sur le terrain. Néanmoins, le rapporteur de la commission d’agriculture fait état d’une sortie de la commission de l’agriculture sur le terrain pour s’informer de la production des vaches laitières attribuées dans la daïra d’Aïn Fakroun. Cette dernière fait état dans le rapport présenté de pas moins de 80% de projets fictifs, quant aux projets restants (20%), les bénéficiaires ont déclaré avoir été victimes de pratiques arbitraires avec la complicité de fournisseurs. Ces pratiques s’expliquent, selon le rapport, par les projets fictifs, le refus de l’administration de la facture pro-forma, modèle fourni par certains fournisseurs, la contrainte des postulants aux crédits d’accompagner le dossier d’une facture pro-forma d’un fournisseur choisi par l’administration du dispositif de soutien. Lequel fournisseur fait du chantage, selon la commission de l’agriculture de l’APW, aux jeunes bénéficiaires de projets quant à leur attribution d’une facture gonflée et partager ainsi la somme attribuée avec, bien sûr, un émargement de leur part quant à la réception des bovins, n’existant pas en réalité, voire contraint les jeunes désirant bénéficier du soutien à leur projet à la location de vaches pour le jour de l’inspection à des fins de constat par la commission d’attribution.
Plusieurs anomalies ont été signalées par des jeunes bénéficiaires, selon toujours la commission de l’agriculture de l’APW. Il s’agit de l’incompatibilité des vaches attribuées avec celles existant dans le cahier des charges et des réserves sur le type et le prix – son prix dans le marché ne dépasse pas la moitié du prix du cahier des charges – engendrant ainsi des pertes avant même l’entame du projet.
L’existence d’attribution de vaches accusant des pathologies, d’où le risque de mort des animaux en question et, dans ce cas de figure, le dédommagement ne dépasse pas la moitié du prix. L’exclusion des jeunes détenteurs de projets d’élevage bovin du bénéfice des fourrages nécessaires, une situation les contraignant à vendre une partie du cheptel pour subvenir au besoin du restant. Tous ces facteurs n’ont fait qu’entraver la concrétisation des projets sur le terrain par les bénéficiaires, ajoute la commission de l’agriculture de l’APW. Lesquels bénéficiaires se sentent frustrés et trahis d’autant plus qu’ils se retrouvent redevables auprès des banques pour des projets non réussis.
L’autre préoccupation, voire étonnement, mis en exergue par la commission de l’agriculture de l’APW, demeure le fait que le soutien n’a pas concerné suffisamment de projets rentables et non coûteux, tels l’apiculture, le maraîchage, les espaces verts et autres, qui ont comptabilisé un taux de 4% seulement. Le reste, soit un taux de 96%, a concerné l’élevage bovin (915 projets), ovin (358 projets), location matériel agricole (800 projets), collecte du lait (136 projets), élevage d’oiseaux (276 projets).
Le déséquilibre dans l’attribution des projets en question a été déploré par la commission de l’agriculture de l’APW qui fait état d’un total de 2 575 projets de l’Ansej parmi lesquels 53 % ont fait l’objet d’attribution à 4 communes seulement, Aïn Fakroun (548 projets, soit 22%), Aïn Zitoun (257 projets, soit 10%), Boughrara Saoudi (271 projets soit 11%) et Oum El Bouaghi (242 projets, soit10%), et le reste (47%) attribué aux 25 autres communes de la wilaya, parmi lesquelles Blala, un seul projet (0,03%), Ouled Zouai,19 projets (0,73%)… La situation similaire, selon la même source, quant à l’attribution des projets d’élevage bovin pour lequel 52% ont fait l’objet d’attribution à 4 communes, Aïn Fakroun, 176 projets, Boughrara Saoudi, 118 projets, Aïn Zitoun,100 projets, et Henchir Toumghani, 66 projets. Elle a été aussi déplorée par les élus de l’APW.
Devant cet état de fait, la commission de l’agriculture de l’APW a conclu dans son rapport que les services de l’Ansej et ceux de la Badr se sont contentés du dossier administratif tout en négligeant le contrôle et le suivi des projets. Elle propose la mise en place d’une commission multidisciplinaire (Ansej, banque, agriculture, Chambre d’agriculture) pour l’opération d’attribution des bovins.