« Nous n’en sommes qu’au tout début de la saison des chaleurs que déjà les incendies à répétition de palmeraies sont signalés pratiquement chaque jour, tant au niveau de la commune d’El Menéa que celle de Hassi El Gara, les deux communes qui constituent la circonscription administrative d’El Menéa, à 270 km au sud du chef-lieu de wilaya, Ghardaïa », alerte Si Abdellah, un habitant d’El Menéa, très impliqué dans la préservation de l’environnement de sa région, qui ajoute « elles ne sont pas toutes accidentelles, cela est certain ». A notre question à qui profite ces incendies, il répond sans même réfléchir : « C’est aux pyromanes d’y répondre ». Puis, sur un ton découragé, il précise : « Plusieurs parties ont intérêt dans ces incendies de palmeraies, en premier les héritiers qui veulent vendre les propriétés réduites en foncier, ensuite ceux qui veulent s’accaparer les terrains pour la spéculation foncière et d’autres encore que le temps finira par démasquer. » Cela dit, c’est encore un nouvel incendie qui s’est déclenché lundi dernier au niveau d’un périmètre agricole d’El Ménéa, et qui a ciblé encore une fois des palmeraies, engendrant la perte de 50 palmiers dattiers et 7 000 m2 de couvert végétal dans une surface agricole appartenant à des particuliers.
Après la signalisation de deux incendies, il y a quelques jours, à deux endroits distincts de la daïra d’El Ménéa ayant endommagé 860 palmiers dattiers, suivi d’un autre incendie dans la commune de Metlili, à 40 km au sud de la ville de Ghardaïa, où pas moins de 114 palmiers ont été ravagés, voilà un autre sinistre du même genre qui vient alourdir les pertes du patrimoine dattier de la wilaya, enregistrant 50 autres palmiers réduits en cendres. Quelque 1 027 palmiers dattiers sont partis en fumée en l’espace d’un mois à travers la wilaya. Selon le chargé de la communication de la Direction de la Protection civile de la wilaya de Ghardaïa, le lieutenant Lahcène Seddiki, l’intervention ardue qui a duré plus de deux heures a permis d’empêcher l’incendie de se propager vers les palmeraies mitoyennes au sein desquelles sont érigées plusieurs maisons habitées à l’année.
Une enquête a été ouverte par la brigade de gendarmerie d’El Menéa pour déterminer les causes de ce sinistre. Pour rappel, la région d’El Menéa, appelée aussi El Goléa, est célèbre par la densité de sa palmeraie au point d’être qualifiée, il y a déjà plus d’un siècle, de ville aux deux-cent mille palmiers. Baptisée Taourirt du temps des Berbères, El Goléa, ou El Menéa pour les gens de la région, est une véritable ville-jardin qui, incontestablement, reste et demeure l’une des plus belles oasis algériennes. Ville du sud du pays, à 870 km au sud de la capitale, Alger, El Goléa ou El Menéa est une daïra de la wilaya de Ghardaïa, élevée il y a peu au rang de wilaya déléguée, qui forme une oasis abritant sous son soleil et au-dessous de ses eaux souterraines, des milliers d’arbres de différentes natures, tels que les orangers, palmiers, abricotiers, grenadiers…
Il y a donc urgence à préserver ce patrimoine en prenant les mesures qui s’imposent tout en punissant sévèrement tous ceux qui lui porterait préjudice. O. Y.