La circonscription administrative de Touggourt (190 km de Ouargla) abrite, aujourd’hui, les festivités officielles commémorant le 58e anniversaire des manifestations anti-séparatistes du 7 mars 1962 survenues à Oued Righ après celles de Ouargla (27 février 1962) et précédant celles du 13 mars 1962, qui ont eu lieu dans la commune de Taibet et qui étaient les plus sanglantes. Onze martyrs et des dizaines de blessés sont tombés lors des soulèvements d’Oued Righ.

Le wali de Ouargla, Aboubakr Essedik Boucetta, accompagné des autorités locales, administratives et sécuritaires, se rendra aujourd’hui à la wilaya déléguée de Touggourt où il participera aux festivités commémorant le 58e anniversaire des manifestations anti-séparatistes du 7 mars 1962. Ces soulèvements populaires, qui ont eu lieu à Touggourt puis à Taibet, ont constitué un virage important dans l’histoire et un tournant décisif dans la guerre de libération. Quelques jours après les manifestations du Ramadhan, le 27 février 1962, qui ont eu lieu dans le centre-ville de Ouargla, le même scénario se répète à Touggourt le mercredi 7 mars 1962 puis à Taibet le 13 du même mois (une commune à 36 km de Touggourt et 201 km de Ouargla) lorsque les habitants de la capitale de Oued Righ sont sortis massivement pour dire « non » au projet du colonisateur qui vise à séparer le Sud du reste du territoire de l’Algérie. Hadj Touahir se souvient encore de ces soulèvements gigantesques observés par la population de la région pour exprimer son rejet de la politique coloniale visant à porter atteinte à l’intégrité du territoire national. Un des porteurs de l’emblème national ce jour-là en garde des séquelles physiques et psychiques. Ces manifestations historiques sont l’expression claire du rejet de la population de Ouargla et de la région entière des desseins de la France coloniale visant à séparer le pays en deux, gardant la main sur le grand Sahara de manière à conserver un contrôle direct sur les ressources hydrauliques et d’hydrocarbures renfermées dans le sous-sol saharien mais surtout pour la poursuite des essais nucléaires qui se déroulaient sur les bases de Reggane et d’In Ekker, à l’époque, centres d’essais nucléaires aériens et souterrains et de lancement de fusées pour l’armée française. En réponse à De Gaulle pour la promotion de son projet de séparation du Sahara du reste de l’Algérie, l’envoi d’une délégation comprenant des responsables français à Ouargla et la tenue d’une réunion urgente avec les collaborateurs présidée par Hamza Boubakeur, dans le but de prendre le pouls de la situation et stimuler la population à accepter l’idée de la constitution d’une république sahraouie indépendante. C’est ainsi que le commandement de la révolution algérienne de la 4e région du sixième territoire (FLN attribué au Sahara le chiffre VI) a décidé d’agir afin de faire face aux plans coloniaux visant à séparer le Sahara du Nord de l’Algérie. Cette contre-attaque s’est vite concrétisée par des soulèvements populaires le 27 février 1962 à Ouargla, constituant une réponse claire à l’intransigeance du gouvernement français et à son attachement au principe de la division de l’Algérie en deux parties, un Nord indépendant et un Grand-Sud maintenu sous son contrôle pour son importance stratégique et économique. La présence d’une quarantaine de journalistes étrangers parmi la délégation française, qui s’est rendue ce jour-là à Ouargla pour la couverture de la rencontre qui devait se tenir entre des responsables français, les onusiens et leurs collaborateurs dans la région, a très bien servi la cause nationale en consacrant une large couverture aux soulèvements populaires d’Ouargla notamment dans les médias tunisiens et irakiens. A Touggourt, 8 martyrs sont tombés lors des manifestations qui se sont poursuivies jusqu’au 13 mars 1962 dans la commune de Taibet, qui a enregistré lors de ces événements le bilan le plus lourd avec 13 martyrs et des dizaines de blessés, racontent des témoins.