Les porteurs d’idées et futurs entrepreneurs des régions du Sud pourront, dorénavant, investir dans le cadre du dispositif Ansej, sous sa nouvelle appellation Agence nationale d’appui et de développement de l’entreprenariat (Anade), dans les créneaux qui ont été gelés quelques années auparavant. Seules les offres du transport et de location sont restées suspendues, a-t-on appris du chargé de communication de l’Ansej Ouargla.

Toutes les activités créées dans le cadre des dispositifs d’appui à la création des micro-entreprises, et qui ont été gelées, durant la phase d’austérité qui a suivi la crise financière en 2016, sont à nouveau ouvertes aux jeunes à titre exceptionnel au profit des régions du Grand-Sud, a assuré Salah Meddour, chargé de communication à l’Ansej Ouargla.
L’agence locale de l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (Ansej), devenue Agence nationale d’appui et de développement de l’entreprenariat (Anada), cible dans sa nouvelle nomenclature la jeunesse des zones reculées de la wilaya, dans le souci d’ouvrir les portes devant cette catégorie sociale, des jeunes, qui subissent les contraintes de l’enclavement, notamment le chômage et la précarité sociale, a précisé M. Meddour dans un entretien avec Reporters au siège de l’antenne.
L’objectif, dit-il, est d’absorber le chômage grandissant dans ces régions sahariennes, notamment Ouargla, qui souffre d’une difficulté d’adéquation réelle entre le marché de l’offre et de la demande, surtout dans le contexte économique et social actuel très «mouvant et instable».

Un programme national dédié aux zones d’ombre
Cette année, et dans la nouvelle stratégie, un plan spécial est dédié spécialement aux zones reculées. L’agence d’Ouargla a mené dernièrement une vaste campagne de sensibilisation visant particulièrement les jeunes des zones d’ombre et des banlieues, dans le but de les informer, les orienter, les accompagner et leur permettre de créer éventuellement leurs propres entreprises, et rompre ainsi avec l’oisiveté qui marque leur quotidien. L’opération cible également les jeunes diplômés à la recherche d’un emploi pour leur inculquer l’esprit entrepreneurial. L’objectif de ces sorties sur terrain est de toucher le maximum de jeunes en quête d’une formation ou d’un soutien financier pour la concrétisation de leurs idées et mettre sur pied un projet d’investissement. «Une liste élargie des zones d’ombre de plus de 100 a été établie. On a donc tenté de toucher le maximum de zones reculées pour se rapprocher des jeunes. Notre mission est d’orienter les jeunes sans métier vers les centres de formation professionnelle et d’expliquer les nouvelles mesures aux jeunes diplômés, dont certains ignorent complètement l’existence de l’Anade. Ou qui ont été confrontés à des difficultés à l’inscription. Cette campagne de sensibilisation est venue juste après le dégel des projets. Le choix est donc vaste et diversifié permettant ainsi aux jeunes vivant dans ces endroits retirés de mettre sur pied des projets d’investissement et créer des entreprises dans leurs localités», explique M. Meddour.
Avant, les jeunes étaient limités, ils devaient suivre uniquement les projets proposés. Dans la nouvelle stratégie, toutes les activités sont donc ouvertes à l’exception du transport et la location de véhicules, de machines et d’engins, enfin, tous ce qui est location, précise ce dernier. Pour le transport, le jeune est conditionné par les besoins locaux. Ils sont accordés uniquement dans les lieux ne disposant pas de moyen de transport, et après étude de la demande et l’approbation des autorités locales, poursuit notre interlocuteur.
Cette nouvelle stratégie, purement économique, consiste en outre à stimuler et répandre l’esprit entrepreneurial chez les jeunes porteurs d’idées d’investissement au niveau de ces zones géographiques isolées, de façon à les engager au fur et à mesure dans le domaine de l’entreprenariat, de déterminer les activités qu’il faudra soutenir, notamment dans le domaine de l’agriculture et des services et à susciter l’esprit d’entreprendre auprès des jeunes.
«Nous avons concentré l’attention sur le domaine de l’agriculture et les services dans les zones enclavées, d’autant plus que vient d’être levé le gel sur les activités agricoles et de services jusque-là suspendues, à l’instar de l’élevage bovin et ovin, les grandes cultures et d‘autres, gelées depuis 2016», ajoute ce dernier. Le dispositif offre trois types de financement, souligne M. Meddour. Le financement triangulaire (la banque, le jeune et l’Anade), le financement mixte (le jeune et l’Anade) et l’autofinancement.
A rappeler que pas moins de 64 activités, ont été gelées en 2016 par l’Ansej, dont celles très recherchées par les jeunes et les éleveurs de bovins, à l’image de la plomberie et de l’électricité ambulantes, la collecte de lait, l’élevage bovin en phase de création. D’autres activités ont également été gelées par l’Ansej pour des raisons de saturation ou de non-productivité.
Afin de rattraper et sauver les entreprises en malaise financier, l’Ansej avait procédé, en décembre 2020, à de nouvelles mesures visant à faciliter l’opération de rééchelonnement des créances sans intérêts, des créances inhérentes aux crédits bancaires ou au prêt non rémunéré (PNR), accordé par l’agence, révèle Meddour.

Nouvelle appellation, nouvelles missions
Selon le décret exécutif n° 20-329 du 22 novembre 2020, publié dans le Journal Officiel, et qui comprend la définition de la nouvelle loi fondamentale de l’Agence nationale pour le soutien à l’emploi des jeunes et le changement de son nom en Agence nationale pour le soutien et le développement de l’entrepreneuriat, qui modifie et complète le décret exécutif n° 96-296 du 8 septembre 1996, qui comprenait la création de l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes, l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (Anade) adopte une nouvelle stratégie pour le soutien et le développement de l’entrepreneuriat, basée sur l’encouragement à la création et au développement de systèmes environnementaux basés sur les opportunités d’investissement disponibles dans divers secteurs qui répondent aux besoins du marché local et national.
Dans un effort pour mettre en œuvre la nouvelle stratégie, notamment en ce qui concerne la promotion et la création de micros entreprises et le parrainage de la jeunesse, l’Anade gère des mini-activités spécialisées, apprêtées au profit des propriétaires de petites entreprises pour recevoir divers projets et répondre à leurs exigences, qui visent à incarner la démarche dans un cadre économique.