Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées, hier durant toute la matinée, pour protester contre l’inauguration du nouveau service des urgences de l’EPH Mohamed-Boudiaf à Ouargla.

L’inauguration du lieu qui devait donc se faire par le wali de Ouargla a été tout simplement suspendue et reportée en raison de la détermination des manifestants à bloquer l’entrée du service en brandissant des pancartes portant les inscriptions « non au marchandage de la santé du citoyen », « non aux projets non accomplis et de bricolage ». Approchés et visiblement bien informés de la réalité des travaux accomplis dans ces services, des protestataires ont déploré « la piètre qualité des travaux » effectués ainsi que «l’aménagement aberrant des espaces ».
Ils se sont insurgés également contre «le recyclage d’équipements vétustes ».
Pour ces dizaines de personnes en colère, les nouveaux services « ne correspondent pas aux normes ». « Ils sont isolés et loin des blocs chirurgicaux et d’hospitalisation ». « Pour transférer un malade nécessitant une intervention urgente, on doit sortir du service et traverser environ 150 mètres à l’extérieur pour s’introduire à nouveau dans le service», a pour sa part indiqué un professeur d’université et « représentant de la société civile » qui se trouvait parmi les manifestants. « L’escalier est conçu pour rendre encore plus difficile l’évacuation des blessés ou pour faire passer un brancard », a crié un autre protestataire.
Selon un autre manifestant, architecte de profession, un service d’urgence n’est pas créé et ouvert uniquement pour désengorger d’autres services. Il obéit à des spécificités telles qu’il doit permettre à ceux qui l’utilisent d’apporter le meilleur service possible aux malades ». Il n’est pas conçu pour être un casse-tête pour le personnel et les patients mais une solution. Son intervention est motivée par le fait que le nouveau service d’urgence dont le projet a été lancé en 2013 a totalement déçu les attentes. L’actuelle structure opérationnelle reçoit quotidiennement près de 600 malades en moyenne, selon une bonne source et souffre de surcharge.
Le wali a ordonné, lors des négociations qui se sont tenues hier même dans la wilaya, le directeur de la santé publique et des représentants de la société, l’installation d’une commission d’enquête composée de représentants de la wilaya, de la DSP et la société civile pour étudier les préoccupations et prévoir des modifications si nécessaires, mais dont « la conception est faite sans la moindre étude et sans respect des normes de prise en charge des cas urgents », a-t-on entendu chez les manifestants.