Une nouvelle opération de reconduite aux frontières de ressortissants subsahariens a eu lieu, dimanche dernier, dans la wilaya de Ouargla. Sur ordre du wali, cette opération a concerné plus de 700 personnes, selon nos sources, et a été effectuée dans les localités de Ouargla, Hassi Messaoud et Touggourt.

Ces ressortissants, dont certains étaient établis depuis plusieurs mois sur le sol algérien ; ont été conduits au centre de regroupement de Sidi Khouiled, à 11 km du chef-lieu de la wilaya de Ouargla, avant d’être acheminés dans la nuit de dimanche à lundi vers Ghardaïa. Le M’zab, a-t-on appris de bonne source, a été leur avant-dernière étape avant celle de Tamanrasset, d’où ils devaient être acheminés vers leurs pays d’origine. Cette opération de rapatriement s’est déroulée en coordination avec les services de sécurité, de la DAS, et des bénévoles du Croissant-Rouge algérien (CRA). Les personnes reconduites aux frontières sont des Nigériens, a-t-on appris, mais également des ressortissants d’autres nationalités « auxquelles les opérations de rapatriement ont été élargies », indique-t-on à Ouargla. Des sources policières font état de départ chez eux de Maliens et de Tchadiens, et de personnes qui étaient jusque-là utilisées comme main-d’œuvre dans les chantiers de construction essentiellement. Pour les observateurs, c’est grâce à cette main-d’œuvre que les chantiers avaient avancé alors que sa disparition « crée un ralentissement visible », les jeunes locaux répugnant à travailler à des tâches qu’ils considèrent pénibles et indignes pour eux.
Les « travailleurs africains », comme on les appelle ici, sont recrutés comme journaliers à 1 500 DA l’heure et sont utilisés pour les qualifiés d’entre eux comme maçons, carreleurs ou peintres. D’autres sont embauchés pour la surveillance des chantiers, la nuit notamment, alors que d’autres, enfin, sont embauchés comme hommes « à tout faire » dans les nombreux projets de bâtiment et de travaux publics dans la wilaya de Ouargla.
A titre de comparaison, et selon notre propre constat, les ouvriers locaux, quand ils sont recrutés à la journée, demandent 3 000 DA l’heure. A titre de rappel, 19 116 migrants subsahariens au total ont été rapatriés depuis le début de l’opération en décembre 2014 à l’échelle nationale.