Des chantiers cruciaux à lancer pour des besoins en eau potable pressants…

Par Bouzid Chalabi
Nul doute, le stress hydrique de cette année est fort inquiétant. Ce qui va nécessiter sûrement des mesures d’urgence pour parer au plus pressé, mobiliser au maximum les ressources hydriques palliatives. Conscient d’un tel défi qui n’est pas une mince affaire, le ministère des Ressources en eau s’est vu doté d’une nouvelle appellation par l’insertion des mots «sécurité hydrique». Ce qui renseigne sur l’importance des nouvelles tâches dévolues à Karim Hasni, nouveau ministre des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique.
Ce dernier remplace ainsi Mustapha Mihoubi qui semble avoir fait les frais d’une crise hydrique des plus pernicieuses, conjuguée à une gestion chaotique au quotidien de l’AEP, qui s’est traduitpar le limogeage de plusieurs cadres du secteur sur fond de contestation sociale inouïe, marquée par des mouvements de protestation sur la voie publique. C’est pour dire que le nouveau ministre est attendu sur un chantier dont la mise en exécution doit être immédiate car il s’agit là des besoins impératifs en eau potable de toute la population. Ce qui va nécessiter la mise en place d’une stratégie de travail à même de livrer les chantiers dans les plus brefs délais. Une tâche des plus ardues pour le nouveau ministre sommé de faire en sorte que la conjoncture actuelle marquée par un stress hydrique coriace ne soit pas trop contraignante pour les populations. Autrement dit, le successeur de Mihoubi va non seulement évoluer sur un terrain où la moindre défaillance peut avoir des conséquences graves en matière d’AEP, mais aussi de lancersimultanément des chantiers éparses à même de combler un tant soit peu le déficit en eau potable qui risque de s’aggraver si le stress hydrique venaits’installer dans la durée, c’est-à-dire au-delà de l’automne prochain. En somme, le nouveau ministre devra faire preuve d’ingéniosité et user d’une grande persévérance afin que tous les chantiers soient exécutés de concert dans le but de juguler la crise actuelle de l’eau potable notamment en ce début d’été.
Une saison qui a déjà commencé par des canicules, pour dire qu’elle s’annonce des plus chaudes. Toujours au registre de solution d’urgence devant le déficit en eau conventionnelle – celle issue des barrages-, le nouveau gouvernement compte s’atteler à renforcer les capacités de dessalement de l’eau de mer, comme cela a été décidé lors d’un Conseil des ministres qui s’est déroulé à la fin du mois écoulé. Il a été retenu delancer des projets d’usines de dessalement pour faire face à la crisehydriquepersistante. Ainsi il est prévuà ce sujet la réalisation de six nouvelles stations de dessalement d’eau de mer dans le but d’augmenter les capacités du pays qui s’ajouteront à celles déjà en service. Cela est d’autant plus concevable, dans la mesure où l’on saitque les montants pour la réalisation de ces stations ont connu des baisses significatives. Et c’est là tout l’intérêt de ces projets. Le coût de revient à la production d’un mètre cube d’eau dessalée est passé de 10 dollars à près de 0,6 dollar.
Enfin autre chantier auquel devrait s’attelerKarim Hasni, celui de l’épuration des eaux usées. Un casse-tête supplémentaire pour le secteur, qui nécessitera davantage d’efforts et de volonté, afin de récupérer etmobiliser les milliers de mètres cubes d’eau qui s’en vont dans la mer au lieu de les utiliser pour les besoins d’irrigation dans le secteur agricole et celui industriel. Du pain sur la planche du nouveau ministre. n