Des dizaines de personnes, entre représentants de la société civile et habitants, ont organisé, hier matin, un grand rassemblement devant l’école des Douanes, à Aïn Beïda, réclamant le transfert de cette institution et de libérer les lieux pour en faire une clinique spécialisée pour les brûlés et un lycée pour les enfants de la localité.

Un lieu, qui était destiné au départ, selon les représentants de la société civile, à être un centre d’accueil des personnes âgées, mais il a été laissé à l’abandon durant plusieurs années avant d’être occupé par les Douanes. Les protestataires portaient des pancartes géantes sur lesquelles on pouvait lire : «La wilaya du pétrole sans hôpital pour brûlés», «L’école des douanes après transfert… une clinique et un lycée pour nos enfants !» et « Surcharge, perdition, nos enfants vont vers ou ?! ». Cette demande intervient après la mort d’une famille entière suite à l’explosion d’une bouteille de gaz le mois dernier. Ali Belmassaoud et son épouse, brûlés au 3e degré, sont restés à l’hôpital de Ouargla sans soins, l’établissement étant dans l’incapacité de leur prodiguer les soins appropriés car ne disposant ni de spécialistes des brûlures ni d’un service spécialisé des grands brûlés. Ils sont morts peu après leur transfert vers l’établissement hospitalier spécialisé de Douéra. En l’absence d’hôpital pour grands brûlés, la majorité des victimes de brûlures dans la région meurt soit du manque de soins ou des difficultés d’évacuation vers le Nord. D’où les appels des habitants de Ouargla à la réalisation d’un hôpital pour le traitement des cas de brûlures graves. Les protestataires ont appelé aussi à réaliser un lycée au même lieu. La localité souffre, selon eux, du manque d’établissements et de surcharge des classes, dépassant dans certain cas les 53 élèves. Les manifestants ont également évoqué la nécessité de la levée du gel sur le projet de l’hôpital universitaire de Ouargla (CHU), seule moyen pour eux d’améliorer la qualité de la prise en charge des malades de la région, surtout après le décès récemment du jeune Takieddine, lors de son transfert par avion vers un hôpital algérois, qui a suscité l’indignation des habitants de la wilaya de Ouargla. Touché par une balle perdue, lors d’une poursuite policière à Bamendil, alors qu’il se trouvait devant chez lui, le jeune homme de 26 ans est resté plusieurs semaines avec une balle dans le cou à l’EPH Mohamed-Boudiaf à Ouargla, jusqu’à son transfert vers le CHU de Batna après un mouvement de protestation et la fermeture du portail de l’hôpital. Laissé quelques jours à Batna dans les mêmes conditions, son état s’est aggravé, ce qui a poussé cet établissement à le transférer vers Alger. Takieddine est décédé dans l’avion lors de son évacuation vers le CHU de Mustapha-Pacha.