Une trentaine de professeurs et directeurs d’établissements primaires ont observé un sit-in de protestation, lundi vers 10H, devant le portail de la direction de l’Education pour dénoncer la sanction de 4e degré contre l’inspectrice de l’enseignement primaire, responsable de leur circonscription.

Cette dernière a été sanctionnée, selon le coordinateur pédagogique et les manifestants, pour avoir invité une intruse à la séance du conseil de permanisation d’une maîtresse de primaire et dénoncent toutes les accusations du secrétaire général de l’académie et de ses compagnons. Cette affaire survient quelques jours seulement après la mutation forcée d’une professeure d’arabe de collège qui avait dénoncé les graves dérives dans son établissement et au niveau de la direction de l’Education. Violentée, menacée et harcelée, cette professeure d’arabe, et après plus de 20 ans de service, a été forcée par l’administration à signer sa mutation vers un autre établissement situé dans un village retiré et désert. Cette fois, une inspectrice de l’enseignement primaire vient d’être suspendue de son poste de la même façon et pour des raisons infondées. Tout comme la première, le directeur de l’éducation lui a demandé de signer une demande de changement de circonscription contre la levée de la sanction. Cette nouvelle suspension disciplinaire est injustifiée et disproportionnée, selon l’ensemble des contestataires. Ils exigent la levée de la sanction et la réintégration immédiate de l’inspectrice. Pour eux, elle est victime d’un complot et d’un acte de vengeance pour avoir dénoncé les turpitudes d’une directrice d’école en 2017 et 2018. L’inspectrice est victime d’un complot fort bien monté, nous lancent les protestataires dont une retraitée, qui a exercé plus de 15 ans aux côtés de la personne sanctionnée. L’intruse n’est autre qu’une professeure retraitée depuis peu. Cette dernière a été conduite et installée en classe par l’assistante de la directrice de l’école Ibn Ziad, à moins de 5 minutes de la visite «soudaine» et «inhabituelle» du secrétaire général de l’éducation. Elle donne en effet à penser que l’inspectrice est victime d’un complot très bien joué, a lancé Mme Rabab, membre de la commission de jury, présente au moment des faits. Toute la scène et l’atmosphère où s’est déroulé le conseil annoncent que quelque chose se prépare. Ceci laisse à s’interroger sur les motifs d’avoir installé cette personne en classe en ce moment précis. Les agissements et les harcèlements étaient d’abord contre des enseignants, puis les directeurs et maintenant contre les inspecteurs. C’est un plan systématique qui vise à écarter toutes les personnes sérieuses et honnêtes du secteur, a ajouté une autre manifestante. La politique de la bouche cousue semble être la seule déployée par les responsables de ce secteur au niveau local, se désole une troisième. Comment cette femme, considérée comme étrangère à l’établissement, a pu entrer si facilement dans la salle ? Qui en est responsable ? s’interrogent les membres de jury. Ils ajoutent, « On exige une enquête de haut niveau pour éclaircir cette affaire et connaître les responsables qui composent cette bande de mafieux qui gangrène le secteur ». Belmalek Aïssa, directeur de l’école primaire Sayd-Mohamed, présent dans la commission de jury, a exprimé son regret quant aux agissements « inacceptables » des responsables de l’Education à l’encontre de l’inspectrice lors de la séance de permanisation. Je trouve qu’il est injuste et injustifié de prendre une telle sanction à la hâte et de cette façon contre un cadre qui a sacrifié sa vie pour ce secteur et travaillé dur pour se faire une réputation. Falsification, abus de fonction, rachwa, trafic et autres dépassements graves infectent ce secteur et tous les dénonciateurs de ces dérives ont été victimes de harcèlement moral, d’intimidation et de chantage, dénoncent les protestataires. Malgré toutes les affaires dénoncées, jamais une véritable enquête sur ces dépassements n’a été enclenchée. La situation s’aggrave de jour en jour. Bien que les services de sécurité, la brigade de recherche de la Gendarmerie ont été informés, les enseignants et les administrateurs impliqués n’ont pas été inquiétés. Ils exercent toujours et de manière plus organisée malgré les mesures draconiennes déployées par le ministère de tutelle.

Harcèlement et sanctions
Cette inspectrice avait déposé en 2017 des rapports qui condamnaient une directrice d’école primaire prise en flagrant délit de modifier des copies de l’examen officiel de 5e année, qui s’est déroulé dans son établissement. La directrice a obtenu bizarrement un taux de réussite de 98%, cette année-là. Suite à ce rapport, elle a été poursuivie devant le conseil de discipline et suspendue de son poste. Accusée également dans des affaires de détournements et falsification, comme nous a dit le directeur de l’éducation, à cette époque, son dossier est transféré à la justice mais, contre toute attente, cette dernière occupe à ce jour son logement de fonction et a bénéficié d’un avancement de grade pour devenir inspectrice, à la grande stupéfaction du personnel du secteur. Une enquête s’avère indispensable pour pouvoir élucider ces affaires et sauver ce qui reste de ce secteur en souffrance. n