Dans un air de détachement des Ouarglis de la chose politique, la course à la députation n’en anime pas moins les candidats qui accélèrent la cadence pour la collecte des signatures. Une quête déjà accomplie pour le Front de libération nationale (FLN), dont la liste des candidats au prochain scrutin est finalisée.

Elle a même été publiée début février et contient 64 candidats, dont le quart, 16, sont des femmes. Parmi les noms portés sur cette liste, des visages connus de la scène ouarglie, à l’image de Noureddine Attaouat, pour la première fois tête de liste, ou encore Mohamed Kamel Abazi, médecin spécialiste en ORL, un néo-islamiste désormais dans le giron du FLN, lui, qui était dans le bureau politique du TAJ et à la présidence de son groupe parlementaire en 2016 avant d’en démissionner.
Cette liste compte également une figure locale des médias, la journaliste Hayat Amour, animatrice de télévision à la station locale. Récemment, elle avait été désignée secrétaire de wilaya de l’Union nationale des femmes algériennes (UNFA). L’autre parti à avoir confectionné sa liste pour représenter Ouargla à l’hémicycle, c’est El Karama. Une liste non encore finalisée, selon le député Mohamed Daoui, tête de liste, expliquant qu’« elle reste soumise à un ajustement ». « Elaborée à 80%, elle ne sera néanmoins pas affichée, et ce, pour des raisons purement tactiques », explique ce député. « Cette opération technique, selon lui, consiste à dresser une carte géographique de la wilaya ».
A rappeler que le député Daoui est l’un des plus réputés dans la wilaya pour ses prises de position lors des manifestations contre l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste, le mouvement des chômeurs et dernièrement sur la crise des agents de sécurité de Sonatrach.
Le parti El Karama est très proche des couches populaires à Ouargla avec ses 50 élus à travers la wilaya, en plus de présider l’Assemblée de wilaya. A ce titre, « le parti se trouve dans une position rassurante », assure le député. D’ailleurs, ce dernier fait un travail de sensibilisation des citoyens sur l’importance du vote et sur la nécessité de s’inscrire sur les listes électorales.
Pour ce député, « le rôle du citoyen est primordial dans le choix de ses représentants ». « Les citoyens doivent bien connaître les députés qui les représentent et choisir des personnes actives, courageuses et influentes […] Tout se joue maintenant», dit-il.

Défiance
Un peu partout dans la wilaya de Ouargla, à maintes reprises secouée par des mouvements de protestations et de colère de la population, principalement sur l’emploi, les citoyens ne semblent pas intéressés par ce qui se passe sur la scène politique. Ils affichent même une certaine défiance envers les hommes politiques qui n’a cessé de grandir depuis quelques années devant des élus qu’ils considèrent comme « impuissants », voire « inutiles ».
Pour preuve, « l’adoption par les membres de l’Assemblée de la loi de finances pour 2017 sans se soucier de son impact sur la vie des citoyens». Mais ce sont bien les chômeurs de la région qui attisent les « appétits ». Les partis en lice savent que la question du chômage est un « bon terreau » de voix. Mais comment accéder aux chômeurs, leur parler et les convaincre ! D’ailleurs, des mouvements de protestation des demandeurs d’emploi ont émaillé la journée d’avant-hier. Ils ont organisé leur quatorzième rassemblement devant l’entrée du siège de la wilaya de Ouargla, amenuisant toute chance de « politisation » ou de récupération de ce dossier. Afin de préserver l’autonomie et la crédibilité de leur comité, les militants du CNDDC ont tranché : « Le CNDDC est hors scène !».
Et pour cause, certains partis sur place tentent depuis quelque temps de gagner les faveurs des chômeurs en leur promettant des postes de travail permanents dans des sociétés pétrolières à Hassi Messaoud, selon plusieurs témoignages.
D’autre part, les populations ouarglies sont les témoins de véritables « combats de pouvoir et d’argent» dans les APC et à l’APW. « Les voix se vendent et s’achètent et le gagnant est celui qui paye le plus», s’indignent-elles. Il n’en demeure pas moins que la scène politique locale vit une certaine effervescente du côté des candidats qui se démènent pour glaner le plus d’électeurs, souvent réticents. Les commissions des candidats envahissent le terrain par des affiches et des rencontres devant l’indifférence du citoyen. Rétablir la confiance et convaincre les électeurs sont les plus grands défis à relever pour les candidats des différents partis s’ils veulent éviter l’abstentionnisme.