Plus de 200 palmiers dattiers ont été ravagés par les feux, samedi, dans la localité d’Ifri, à l’est du Ksar, centre-ville d’Ouargla, selon la Direction de la Protection civile d’Ouargla.

Les images dramatiques des citoyens et des agents de la Protection civile, qui tentaient par tous les moyens et sous un soleil de plomb, d’éteindre les flammes qui ont décimé une partie de la palmeraie ksourienne d’Ifri, ont fait le tour des réseaux sociaux.
Depuis le 1er janvier 2020, et jusqu’à ce début d’août, plus de 2 500 palmiers dattiers productifs ont été brûlés dans 309 incendies, enregistrés à travers le territoire de la wilaya, selon le chargé de la communication à la DPC d’Ouargla.
L’an dernier, plus de 1 476 palmiers ont été ravagés par les feux dans 165 incendies, entre début janvier et mai 2019, dans la wilaya d’Ouargla, soit une superficie de 10 hectares réduite en cendres, selon la Conservation locale des forêts.
De larges superficies de palmiers sont détruites chaque année dans la wilaya d‘Ouargla, en raison de la négligence, de l’insouciance des exploitants et des litiges familiaux en matière de succession. L’abandon et le non-partage de l’héritage constituent, selon les spécialistes, une menace pour la durabilité du système oasien.
Le facteur climatique ne semble pas être le seul en jeu. Le défrichement de la palmeraie d’Ouargla, qui date de plusieurs décennies, est l’une des principales causes des incendies qui se déclarent dans la région. De grandes superficies forestières, qui renferment d’innombrables richesses naturelles sont, chaque année, dilapidées. Les palmeraies familiales ou exploitables sont brûlées ou rasées pour servir de terrain de construction.
La palmeraie de Chott, Aïn El Beïda, qui orne, des deux côtés, la Route nationale 49 à l’entrée est de la ville d’Ouargla, semble menacée par le processus de l’urbanisation. Elle pourrait prochainement disparaître avec l’extension spectaculaire des constructions au sein des palmeraies. Cette forêt de palmiers, entourant le lac du Chott, constitue une aire d’hivernage importante pour les centaines d’espèces d’oiseaux d’eau, sédentaires ou migrateurs. Cette palmeraie, qui offre un endroit ombré le plus frais de la ville avec plus de 3 à 4 degrés de moins que la température régnante, suscite la convoitise des investisseurs et des hommes d’affaires. Située à l’entrée est de la ville d’Ouargla, au bord de la RN49, reliant le nord-est et le sud, cette forêt, à moitié détruite dans des incendies sans doute volontaires, est vendue en parcelles par ses propriétaires. A l’intérieur, on peut apercevoir les épaves de véhicules et des déchets de matériaux ferreux, installés par les nouveaux exploitants.
Des panneaux de vente sont visibles tout le long de la façade des palmeraies, donnant sur la RN49. Le phénomène de négligence, d’absentéisme des propriétaires et des exploitants de ces champs et le morcellement des terres accentuent la déstructuration du patrimoine naturel et surtout la phoeniciculture qui caractérise cette région saharienne. Si ce carnage forestier continue, cela risque de faire perdre à la wilaya d’Ouargla son statut d’oasis. n