Des routes parsemées de flaques d’eau usée verdâtre qui envahissent presque tous les axes et rues du vieux quartier populaire de Bamendil (10 km de la commune de Ouargla). C’est l’image désolante qui s’offre à vous, une fois arrivé sur les lieux. Les odeurs écœurantes et nauséabondes viennent frapper vos narines et les moustiques vous attaquent de partout.

Une image indigne d’une ville «hyper-riche» comme Ouargla. A deux kilomètres du vieux quartier Bamendil, limitrophe de hay Ennacer (nouvelle ville de Ouargla), les eaux couvrent déjà les lotissements adjacents à la route dédoublée reliant Bamendil à la RN 49, au niveau de l’endroit appelé Gobat Sidi-Berdjel (coupole de Sidi-Berdjel). Sur les lieux, la cité El-Mankoubine est la plus submergée par les eaux, qui ont fini par pénétrer à l’intérieur des habitations à travers les receveurs de douche et les toilettes. Les routes et les venelles sont impossibles à traverser. Un état des lieux qui reflète l’absence et l’inertie flagrantes des autorités locales et des responsables des secteurs concernés. La situation est tout simplement catastrophique. Pour la famille Assaâl, la vie est devenue un calvaire. Les eaux ont envahi leur maison à travers les toilettes et la douche. « Malgré nos courriers et nos appels aux autorités locales, il n’y a eu aucune réponse de leur part », nous dit le jeune Seifedine. Selon les habitants de ce quartier, ce problème qui dure depuis une décennie est dû à la vétusté des systèmes de collecte des eaux usées et des réseaux d’égoûts, âgés, selon eux, de plus de trente ans. Les solutions de bricolage, menées depuis des années, par l’Office national d’assainissement (ONA) ont aggravé la situation, rendant la vie dans certains lieux quasi impossible. L’inertie des autorités, de la direction de l’environnement, de la santé et de l’ONA a poussé, à plusieurs reprises, les habitants à sortir dans la rue pour protester et réclamer un plan d’intervention urgent pour résoudre ce fléau, mais qui les entend ?
Catastrophe écologique d’ampleur
Les habitants de ce quartier populaire pâtissent des conséquences sanitaires résultant de l’accumulation des eaux usées et des matières fécales autour d’eux. Ils souffrent d’infections, de diarrhées, de problèmes cutanés, d’allergies et d’asthme vu l’air pollué et nauséabond qu’ils inhalent et l’environnement malsain dans lequel ils vivent. Pire encore, ces flaques d’eau se constituent en gîtes larvaires de mouches et de moustiques, vecteurs de maladies comme le paludisme, qui affecte la population et a provoqué plusieurs décès, dans ce lieu même. L’accumulation des eaux usées et excréments humains dans la rue conduit, d’une part, à la contamination de l’environnement, notamment du sol et des sources d’approvisionnement en eau. D’autre part, ces eaux usées constituent un foyer où certaines espèces de mouches prolifèrent et propagent l’infection en attirant les animaux domestiques, les rongeurs, la vermine créant ainsi une gêne intolérable. A rappeler que des groupes de population à Bamendil ont été le plus touchés par le paludisme depuis 2015. Plusieurs cas de décès ont été enregistrés en 2018 et 2019. La direction de la santé d’Ouargla a toujours démenti l’existence de foyer de paludisme à travers la région et affirmé, encore et à chaque fois, que les cas enregistrés sont tous importés. Des spécialistes de l’établissement hospitalier public Mohamed-Boudiaf et des sources spécialisées de la DSP ainsi que le centre d’épidémiologie ont confirmé l’existence de plusieurs foyers épidémiques de paludisme endémique, détectés dans la wilaya de Ouargla, notamment à Bamendil, mais les rapports sont « falsifiés », ont dénoncé nos sources. Une commission de la direction de Cosider, qui détient le projet de renouvèlement et réparation du réseau d’assainissement, a été dépêchée sur les lieux afin de convaincre la population de laisser cette entreprise débuter les travaux. Au vu des conséquences encore apparents de certains projets, mal réalisés par cette même entreprise, les habitants ne veulent plus se compliquer la vie davantage et réclament une vraie intervention, étudiée et sérieuse d’une entreprise qualifiée, qui puisse mettre fin de manière définitive à ce calvaire qu’ils vivent depuis plus d’une décennie. n