Pour le 12e jour consécutive les protestations des jeunes d’Ouargla se poursuivent sans relâche et gagne de plus en plus de terrain, et deviennent de plus en plus violentes.

Des affrontements sans répit, H24 entre les émeutiers et la police. Des blessés dans les deux rangs et des dégâts. De violents affrontements ont été également enregistrés à Touggourt, El M’ghair, El Oued, Adrar et Berriane (Ghardaïa) ou les dégâts étaient plus importants.

Jeudi dernier, le chef de l’agence de wilaya de l’emploi a été limogé. La décision n’a pas convaincu les protestataires qui considèrent que les responsables essaient de leur jeter de la poudre aux yeux. L’ouverture d’une enquête est la principale revendication des chômeurs, encore sans suite.

Alors que la révolte s’intensifie et gagne de plus en plus de terrain, le secrétaire générale de wilaya de l’association nationale de défense du droit et de promotion de l’emploi, Benhaniche Mabrouk, sort de son silence et perce l’abcès. Dans une vidéo mise en ligne, jeudi soir, sur la page officielle de l’association a lancé de graves accusations en affirmant que le dossier de l’emploi est géré par une bande de corrompus qui dominent tout. Des rapports détaillés sur le dossier de l’emploi à Ouargla ont été déposés à maintes reprises chez les ministres qui se sont succédés sur le secteur mais jamais de suite. Ils nous donnent des promesses, toujours des promesses dit-il mais aucune solution réelle n’a été entreprise pour absorber la colère des demandeurs d’emploi qui, selon lui, ont été mis au chômage intentionnellement. Le chef d’agence (qui vient d’être limogé), durant trois ans, « n’a jamais mis les pieds dans son bureau,  nous ne pouvons donc pas reprocher aux demandeurs d’emploi de réagir de cette manière » à t-il lancé.

Ce dernier a également démenti les affirmations du wali d’Ouargla concernant le nombre de jeunes recrutés depuis 2020, qu’il considère comme imaginaire. “Je défie le wali de publier la liste des noms des 2500 recrutés, je sais qu’il ne les a pas.”, poursuit Benhaniche. Il ajoute que le jour même du jeudi 15 juillet 2021, un test d’embauche pour le grand Sonatrach à eu lieu dans le centre de formation professionnel Soltani Abdelkader, des dizaines de candidats sont enregistrés d’une manière détournée dont des employés dans des grandes entreprises et des postulants non résidents et provenant des wilayas du nord. Les noms de ces derniers n’ont pas été affichés dans les listes des candidats par l’agence de l’emploi pourtant, leur noms figurent sur les tables d’examen. Les listes publiées ne sont pas officielles puisque ce ne sont pas les mêmes qui passent le test, a révélé le SG. “Depuis vingt ans, on réclame une enquête réelle et sérieuse mais vainement. Aucun responsable n’a pu lancer une enquête parce que la bande est enracinée et contrôle tout à Ouargla.”, à déclaré en fin de la vidéo.

Que réclament les manifestants ?

Une enquête et un recrutement direct, telles sont les revendications d’une jeunesse qui a vieilli dans la rue en réclamant un poste de travail et des conditions de vie décentes.  

Des protections, sits-in et appels sans suites, les chômeurs d’Ouargla n’ont jamais cesser de réclamer leur droit au travail « pacifiquement » à travers diverses formes de contestations. Tentatives de suicide, saisie d’engins et blocage des routes, mutilation de corps, bouches cousues et sit-in quasi hebdomadaire au cours des dix dernières années mais jamais personne ne leur a prêter oreille.

Pourquoi optent-ils pour les sociétés pétrolières ?

Sonelgaz, la Cnas, la poste, mobilis, cosider et d’autres entreprises qui paient de grands salaires, n’affichent jamais leurs annonces. Les recrutements se font à l’intérieur et au niveau central donc aucune information sur les postes n’est publié que très rarement. C’est donc le manque de choix devant ces jeunes qui les poussent à glaner des postes dans les entreprises, estimées à des milliers à Hassi Messaoud et qui supportent souvent des conditions de travail et climatiques extrêmes dans les chantiers et forages juste pour avoir un salaire décent et insuffisant.

En l’absence d’une réaction des autorités supérieures et l’arrêt immédiat du cycle actuel de violence, la situation risque fort de dégénérer en situation incontrôlable, pas seulement à Ouargla mais dans tout le Sud.