Depuis jeudi dernier, les tests de dépistage au Covid-19 et les réactifs des tests RT-PCR ne sont plus disponibles dans la wilaya d’Ouargla, ont alerté les médecins qui ont dû renvoyer les patients chez eux.

La situation épidémiologique dans la wilaya risque d’empirer dans les jours à venir avec l’enregistrement de nouveaux cas confirmés à Touggourt. Entre bilan officiel, publié par le ministère de la Santé, et la réalité qui règne sur terre, la population d’Ouargla reste confuse, se désolent quelques soignants des polycliniques et des services des urgences de l’EPH Mohamed-Boudiaf.
Pour une population dépassant les 600 000 habitants, uniquement 30 kits de prélèvement ont été attribués à la DSP d’Ouargla depuis le début de la crise et 12 à la wilaya d’El-Oued, nous a-t-on indiqué. Et ce manque de dépistage qui explique la stagnation du chiffre des atteints à deux cas seulement, ajoutent encore les médecins.
Le laboratoire installé à l’EPH Mohamed-Boudiaf et supervisé par des cadres de l’IP d’Alger, pour assurer le dépistage du Covid-19 souffre du manque de kits et de réactifs depuis quelques jours. Des tests provenant de Ghardaïa et d’El-Oued sont toujours attendus alors que l’annexe de l’institut Pasteur demeure fermée et inexploitée.
Heureusement, le personnel soignant a eu recours au scanner thoracique pour diagnostiquer les cas suspects, des atteintes pulmonaires affirmant ou pas une contamination au nouveau Coronavirus.
Les enseignants-chercheurs attendent le feu vert
Des professeurs et chercheurs à l’université d’Ouargla et à l’Ecole supérieure des enseignants ont lancé, il y a quelques jours, une proposition portant sur la mise en place d’un point de dépistage au niveau de l’université. Les chercheurs ont appelé à l’exploitation de l’équipement dont disposent les laboratoires de l’université et les compétences locales, pour le dépistage du Covid-19 dans la région d’Ouargla. Et contribuer ainsi à absorber la charge accrue sur l’hôpital Mohamed-Boudiaf découlant de la propagation du Coronavirus.
Rappelant que l’annexe Pasteur IP Ouargla comporte uniquement une unité d’extraction du venin scorpionique et demeure inexploitable pour des raisons inconnues.
Le Pr Bensaci Messaoud, enseignant à l’Ecole supérieure des enseignants, a lancé un appel aux autorités locales en leur proposant d’exploiter les moyens de dépistage existants au niveau des laboratoires de l’université de Ouargla, de l’ENSE ainsi qu’au niveau du laboratoire de la ferme pilote algéro-coréenne de pisciculture, dotés d’équipements de pointe.
Le Pr Bensaci, spécialisé en phytopathologie et problématiques fongiques, a affirmé dans un entretien à Reporters que la wilaya d’Ouargla dispose d’une plateforme de pointe et d’un équipement sophistiqué de haute sécurité pour le diagnostic et la recherche virologiques.
« Si on a l’accord des autorités concernées, les chercheurs-bénévoles seraient prêts à effectuer le dépistage du Covid-19 à raison de 90 tests et plus par jour et prêter main forte à l’équipe de l’IP, installé dans un labo à l’EPH Mohamed-Boudiaf, a-t-il ajouté. Cette contribution va permettre, selon lui, un diagnostic au niveau local plus rapide et important du coronavirus surtout avec les risques d’augmentation des contaminés les jours à venir. » n