Une jeune mère de famille, vivant dans la rue avec son mari et ses quatre enfants, a lancé un appel aux hautes autorités afin de pouvoir bénéficier d’un logement.
Impuissante, délaissée et sans le moindre appui, elle a fait appel à notre journal afin d’attirer l’attention des hautes autorités et susciter une réaction.
Les mots ne suffisent tout simplement pas à décrire l’ampleur de la situation dans laquelle se trouvent cette maman, son mari handicapé, et leurs quatre enfants de 12, 9, 7 et 4 ans. Cela fait cinq mois qu’elle est installée dans une vieille maison dans le quartier Boughoufala. Situé sous une bergerie, le logis ne répond pas au moindre des besoins et ne dispose ni de cuisine ni de douche.

« J’ai très peur, je ne sais pas ce qu’on va devenir »
Retour sur l’histoire de cette famille : Après plusieurs jours dans la rue, dans une tente, à côté de la coupole au niveau de l’ancien Souk Sebt (centre-ville), et après que des images ont circulé sur les réseaux sociaux, notamment les pages locales, la femme et son époux ont été convoqués par le chef de la daïra et conduits jusqu’à lui par la Sûreté urbaine.
Le responsable leur a proposé de l’aider en louant une maison de trois mois à un an, en attendant de trouver une solution définitive à ce problème, raconte la dame. Ceci à condition qu’ils quittent immédiatement la rue. Le Président de l’APC d’Ouargla a donc été chargé de poursuivre la procédure et d’assurer les paiements du loyer, poursuit la dame.
Aussitôt, la famille a été placée dans une maison au niveau du quartier Boughoufala avec l’espoir d’être logée très prochainement. Les autorités se sont chargées de payer quatre mois de loyer puis se sont retirés, les laissant seuls, dans l’incapacité de le payer et face à un propriétaire qui veut les chasser de la maison, raconte l’interlocutrice.
La mère de famille, qui se dit lâchée par les autorités concernées à la fin du délai proposé, est menacée d’expulsion et donc de retourner à la rue.
Tentant vainement de contacter le chef de daïra et le P/APC, ces derniers étaient clairs dans leur réponse : « Débrouillez-vous, on n’a pas que vous ! », raconte-t-elle.

« Je préfère mourir que retourner dans la rue ! »
Menacée d’expulsion, la femme promis de s’immoler avec ses enfants si elle retourne à la rue. « Je suis épuisée et je ne supporte plus que mes enfants retournent à la rue. Ils sont petits, je préfère mourir que les voir à nouveau sans abri », lance-t-elle en larmes.
Exerçant comme femme de ménage dans un des services de la commune, elle a été victime elle et son mari, handicapé travaillant également à l’APC comme gardien, d’une escroquerie. C’est ainsi qu’ils ont perdu leur argent dans une opération d’achat d’un lot de terrain sans papier (orfi). Ils se sont retrouvés à la rue après avoir été chassés de la bâtisse qui a été revendue. Ils ont été placés dans une vieille bâtisse précaire attribuée par un bienveillant. Peu de temps après, le toit de la maison s’est effondré. La mère et ses enfants ont été sortis par la Protection civile, heureusement, indemnes. Un P-V de constat a été établi par la Protection civile où la maison a été reconnue inhabitable.
Nulle part où aller. Afin de protéger ses enfants du froid et des chiens errants qui peuplent la ville, cette mère de famille a installé une tente sur le trottoir près de la coupole de Boughoufala. Elle y est restée huit jours avant que le P/APC et le chef de daïra interviennent et la poussent à quitter la rue en s’engageant à lui payer le loyer jusqu’à attribution d’un logement.
Frappant à toutes les portes et sollicitant tous les responsables au niveau local, aucune main ne lui a été tendue. Pire encore, le président du quartier où elle a été logée et à qui on a confié le suivi de son cas, lui propose de placer sa tente sur les rails au milieu de la ligne de tramway, seule manière qui fera réagir les autorités.
« Ce qui fait mal, c’est que je me suis sentie épaulée et j’ai cru aux promesses des autorités locales qui m’ont rassuré, mais je me suis trompée. Ils m’ont poussée à quitter la rue pour ne pas attirer les regards et leur causer des ennuis puis ils m’ont impitoyablement lâché. Je ne sais quoi faire, suis perdue », fulmine-t-elle. La mère de famille appelle ainsi les autorités au plus haut niveau pour lui trouver une solution en urgence afin de sauver sa famille de la rue. Surtout qu’elle possède une demande de logement qui date de 1998, mais qui est restée sans suite.