Le rendement de la première expérience de la culture de la betterave sucrière dans la région d’Ouargla est tout simplement impressionnant. Les résultats obtenus lors de l’actuelle récolte sont fortement encourageants. Raison pour laquelle, les exploitants appellent à mettre en place une usine de transformation de la betterave sucrière en sucre dans la région.

De Ouargla, Ghellab Chahinez
Apparemment la betterave sucrière se plaît dans le sol sablonneux d’Ouargla. La récolte en cours de la betterave sucrière, lancée dans la zone agricole de Gassi-Touil, montre des signes positifs. D’ailleurs, le poids d’une betterave a atteint 12 kg et d’une concentration en sucre de 21.6 % dépassant, selon le président de la Chambre d’agriculture, Choukri Bouziani, la betterave américaine qui ne contient pas plus de 16% de saccharose.
Pas moins de 27 000 tonnes, à raison de 60 tonnes par hectare sur une superficie initiale de 450 hectares, ont été ramassées, a fait savoir le vice-directeur de la société algéro-turque Atlas Filaha, Mustapha Akarca, dans un entretien avec Reporters. Les éléments importants du rendement de la betterave sucrière sont le poids et la teneur en sucre des racines, précise-t-il.
Des têtes de betterave, à chair blanche, d’un poids de 12 kg et d’une teneur en sucre atteignant les 21% ont été moissonnées. Ces résultats très encourageants obtenus lors de cette récolte, après une première pilote aussi importante l’an dernier, 50 tonnes/hectare sur 200 hectares, comme premier essai, ouvrent de larges perspectives pour installer une véritable industrie sucrière dans la région. Ce qui va permettre, selon les cadres du secteur, de réduire la facture d’importation du sucre qui, malgré un recul de 15,15% en 2019, reste très élevée avec 654,28 millions dollars (771,09 millions dollars en 2018), selon le dernier bilan de la Direction générale des Douanes algériennes publié en janvier 2020.
Compte tenu de sa bonne rentabilité à l’hectare (60 tonnes/h) par rapport aux cultures concurrentes (66 tonnes par hectare en France) et sa concentration en saccharose, la culture sucrière devrait se développer dans d’autres surfaces du Grand-Sud surtout qu’elle fait partie des plantes qui prospèrent en terre sableuse, souligne Choukri Bouziani. Ceci entre dans le cadre d’une politique soutenant les cultures stratégiques dans le but de réduire la dépendance alimentaire de l’Algérie et fournir la matière première destinée aux industries agroalimentaires, a-t-il ajouté.
M. Akarca a également déclaré que l’intégralité de la betterave sucrière ramassée est transformée en fourrage pour le bétail vu sa bonne valeur énergétique. Cette opération s’effectue dans une unité implantée au sein du complexe agricole. Mais qu’advient-il du reste ? Les exploitants de Gassi-Touil et d’El-Oued, et après les bons rendements obtenus durant les premières récoltes, appellent à la création et la mise en place de raffineries du sucre puisque l’objectif principal était de produire la matière première destinée à l’industrie agroalimentaire stratégique. Face à l’important déficit de production au niveau mondial et le cours du sucre qui se maintient à un niveau élevé et poursuit sa tendance haussière, l’Algérie dispose de tous les atouts pour se positionner sur le marché international. Ce projet d’envergure est mené par la société privée mixte algéro-turque, Atlas, spécialisée dans le bâtiment et l’agriculture dans la zone agricole de Gassi-Touil, à 120 km au sud-est de Hassi Messaoud (200 km du chef-lieu de wilaya Ouargla). Cette société, installée en 2017 sur le territoire de Hassi Messaoud sur une superficie initiale de 11 000 hectares, dont 1 000 sont exploités, et 600 consacrés à la production de blé tendre, s’est lancée depuis 2019 dans un projet intégré dans l’agriculture saharienne visant à produire du blé tendre, de la betterave, du tournesol, du coton, du soja et du maïs.
Cette expérience entre dans le cadre de l’encouragement de l’Etat aux investissements agricoles dans la région du Sud et des Hauts-Plateaux, en particulier, touchant principalement la production de la matière première importée actuellement et destinée à l’industrie agroalimentaire.
Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Cherif Omari, lors d’une rencontre avec les responsables de la société Atlas Filaha en mai 2020, a mis l’accent sur la nécessité de garantir toutes les facilitations et l’encadrement nécessaires au succès de ce genre d’investissement dans le cadre de la loi en vigueur, faisant référence à la proposition de création dans la région d’une usine de transformation et de production du sucre.
Gassi-Touil, située à l’ouest du bassin de Berkine à environ 150 km au sud-est de Hassi Messaoud, s’étale sur 20 000 hectares et contribue à 40% du total des céréales dans la wilaya (toutes céréales confondues), est également un site d’extraction gazier. Il comporte pas moins de 6 champs gaziers avec un total de 47 puits qui assure une production estimée à près de 12,3 millions de mètres cubes/jour.
Cette zone est devenue, depuis moins de cinq ans, une zone agricole par excellence. Les champs de blé, de maïs, de vigne et de tournesol s’étendent à perte de vue. Une grande surface sablonneuse est transformée en un vaste tapis vert. n