Afin d’aider les porteurs de projets, dans les régions du Sud, à dépasser l’écueil du financement, une journée d’étude sur le thème «Financement des projets d’investissement dans le Grand-Sud»

a été organisée par l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (Abef), dimanche dernier à Ouargla. La wilaya, décrite comme un nouveau pôle économique en plein essor, attire de plus en plus les investisseurs nationaux et étrangers. Riche en hydrocarbures, ressources hydriques et patrimoine minier, Ouargla a fini par devenir une région d’opportunités pour les investisseurs avec un parc industriel de plus de 500 hectares et des zones industrielles en conception. En plus de son vaste patrimoine domanial, la wilaya dispose également d’une diversité d’offres foncières destinées à l’investissement. C’est, à l’unanimité, ce qu’ont mis en avant les différents intervenants à cette journée d’étude, dont l’objectif, selon Rachid Belaïd, délégué général de l’Abef, «est d’échanger avec les investisseurs potentiels qui sont en quête de financement pour la réalisation de leurs projets». «Il y a actuellement trois sociétés de capital investissement qui s’activent sur le marché et qui peuvent également accompagner les opérateurs économiques dans la concrétisation de leurs projets. Nous avons en même temps pensé à faire participer ce qu’on appelle les sociétés de garantie financière, comme la Caisse de garantie des crédits d’investissement et le Fonds de garantie, à la prise de risque », a-t-il indiqué.

Cette journée vise surtout l’étude des mécanismes et des modes de financement des projets d’investissement, des défis qui attendent le système financier et les facilités de financement des projets d’investissement pour créer des entreprises et des emplois pour les jeunes de la région. Il faut savoir que le marché du Sud n’est pas la seule finalité de l’Abef. Les régions des Hauts-Plateaux suscitent également la convoitise des capitaux.
Un autre objectif recherché à travers cette journée, celui de rapprocher les investisseurs et les directeurs généraux de six banques ayant des agences locales dans le Sud et qui peuvent financer et accompagner les investisseurs porteurs de projets «productifs» pouvant créer des emplois. Le but donc est d’expliquer aux potentiels investisseurs les différentes formules offertes par les banques et les différents établissements financiers pour les accompagner et les aider à réaliser leurs projets. Cette rencontre, à laquelle ont participé les directeurs de banques et d’établissements financiers de quatre wilayas, Ouargla, El Oued, Ghardaïa et Laghouat, ainsi que les porteurs de projets, a pour ambition de rapprocher le secteur financier des investisseurs en vue d’attirer les capitaux dans le Grand-Sud. A ce titre, Rachid Belaïd affirme que les systèmes bancaires sont constamment en cours de modernisation. «Les banques aujourd’hui travaillent pour l’introduction de la technologie et de tous les moyens qui permettent de réduire les délais d’étude des dossiers d’investissement.» Pour leur part, les investisseurs locaux ont apprécié cette rencontre qui est, selon eux, une occasion de développer la relation entre eux et les banques. Ils en ont profité pour appeler les banques et les institutions financières de raccourcir les délais de traitement des demandes d’octroi de crédits d’investissement car, estiment-ils, la procédure prend actuellement beaucoup de temps, ce qui peut entraver leur activité, en particulier dans le secteur agricole.
Ce dont témoigne d’ailleurs le secrétaire général de l’association Al Ansar des investisseurs de Ouargla, qui a évoqué l’existence d’obstacles pour l’obtention des financements, notamment pour les agriculteurs, surtout en matière de traitement des dossiers au niveau des banques. Certains investisseurs n’obtiennent des réponses qu’après une année et plus. «L’agriculture à Ouargla est saisonnière et on n’a que l’hiver pour travailler, après cette période, l’année est ratée», a souligné ce dernier.
Aussi, les investisseurs agricoles ont sollicité les banques afin d’alléger les conditions d’accès aux crédits, de réduire les délais de traitement des demandes de crédits d’investissement et demandé des facilités dans l’octroi des crédits Erfig et Ettahadi surtout, octroyés dans le cadre de la création de nouvelles exploitations agricoles et d’élevage pour le développement du secteur dans le Sud, qui constitue, selon eux, l’avenir de l’économie nationale.