Plusieurs dizaines de cadres universitaires et étudiants de plusieurs facultés de l’université Kasdi-Merbah de Ouargla se sont rendues, hier matin, dans la zone pétrolière de Haoud Berkaouia, située au sud-ouest de la ville d’Ouargla. Ils ont parcouru 30 km à pied sur la RN49, reliant Ouargla à Ghardaïa, à partir du rectorat jusqu’à la direction régionale de Haoud Berkaoui, pour dénoncer la discrimination dont ils se considèrent victimes. Notamment concernant les procédures de recrutement, longtemps pointées du doigt à cause des dépassements et des manipulations observés.
En effet, considéré comme la cause principale de la crise de l’emploi dans la région, le groupe Sonatrach est pointé du doigt encore une fois par les jeunes. Les résultats du concours de l’IAP concernant les cadres diplômés de cette ville n’étant toujours pas affichés, et ce depuis décembre 2018.
C’est suite au retard dans l’annonce des résultats du concours de l’lAP, qui a eu lieu les 23, 24 et 25 décembre 2018, que des candidats et des étudiants, toutes spécialités confondues, ont organisé une marche de protestation. Les marcheurs ont été reçus par des responsables. Des promesses leurs ont été faites, mais les protestataires prévoient de poursuivre leur action dans deux semaines, si leurs revendications ne sont pas satisfaites, nous dit Ahmed Meftah, un des organisateurs.
Les participants à cette marche, qui a été organisée par la coordination des cadres universitaires de Ouargla, disent que cette action vise à dénoncer la politique de discrimination des responsables des sociétés pétrolières implantées dans la région, et qui l’exercent, selon eux, sous différentes formes, afin d’écarter les jeunes du Sud de toutes les procédures de recrutement. Ceci est prouvé par les dépassements observés dans l’établissement des listes des admis, nous disent-ils.
Les jeunes se sont rendu à Haoud Berkaoui (direction régionale de Sonatrach) pour exprimer leur mécontentement face à la politique d’exclusion et de discrimination menée à l’encontre des cadres universitaires de la région de Ouargla, en particulier, et du Sud, en général. Ils accusent les responsables du Groupe Sonatrach de «marginalisation» systématique et de «hogra» contre les demandeurs d’emploi et les sortants de l’université de Ouargla. Ils ont appelé à la résolution définitive du problème par l’ouverture d’une enquête permettant de déterminer les causes et facteurs de la crise de l’emploi qui continue de gangrener la région, et à mettre fin aux abus et aux dépassements des responsables des sociétés pétrolières dans les concours de recrutement, où le choix se fait souvent sur des critères ethniques et en fonction du rang social.