Par Ghellab Chahinez
Exceptées les quelques affiches placardées sur les murs, le climat électoral a été presque absent dans la wilaya d’Ouargla.
A la veille de la fin des meetings électoraux pour les législatives du 12 juin 2021, les candidats accentuent leurs sorties pour glaner des voix. Face à une campagne électorale molle, les citoyens au niveau local ne montrent que très peu d’intérêt pour les élections. L’indifférence a été constatée du côté des électeurs dès les premiers jours de la campagne. Des panneaux d’affichage presque vierges, des réunions électorales peu fréquentées, présence timide aux meetings et des petites rencontres nocturnes organisées dans des quartiers populaires par les candidats et leurs soutiens.
Samedi matin, lors du rassemblement du mouvement El Islah à la Bibliothèque principale de la lecture publique, le président du parti Filali Ghouini a refusé de faire son discours dans une salle vide. Les organisateurs de bureau local ont fait appel aux élèves de terminale qui se trouvaient à la bibliothèque dans leur espace de révision pour remplir les sièges. Après une forte engueulade avec le chargé de l’organisation sur l’estrade, le chef de parti a exigé la réorganisation de la salle et de placer tout le monde dans le même rang avant de prendre la parole !
Population
peu emballée
Les candidats en lice font également face à une population complètement désintéressée. Au-delà des quelques affiches placardées sur les murs, nombre de partis et d’indépendants ont eu du mal à susciter l’intérêt des électeurs.
L’histoire révolutionnaire de la région, notamment les événements de février et mars 1962 et le rôle de Ouargla dans le maintien de l’union nationale, a monopolisé les discours des candidats lors des meetings. L’absence d’un diagnostic conjoncturel de la situation sociale, sanitaire, environnementale de la wilaya, dans les discours, excepté le candidat de la liste indépendante 32, le médecin Salim Abadou, qui a tout de même proposé quelques idées qui ont fait applaudir les présents. Mais, les véritables problèmes qui gangrènent la wilaya n’ont pas été évoqués, à savoir le gel de Hassi Messaoud, le chômage, les infrastructures de santé, la montée des eaux et la cherté des billets d’avion.
Le chômage,
thème dépassé ?
Le chômage à Ouargla, qui était le thème central des précédents scrutins, ne fait désormais plus partie des points traités d’un grand nombre des futurs députés. D’ailleurs, au moment où se déroulaient des meetings électoraux samedi dernier, les chômeurs ont organisé une manifestation en plein centre de la ville pétrolière Hassi Messaoud.
En effet, des centaines de chômeurs ont organisé un rassemblement à Hassi Messaoud, coïncidant avec la tenue de deux meetings à Ouargla. Venant également de Touggourt et El Oued, malgré la chaleur et la violente tempête de sable qui s’est abattue sur la ville, les chômeurs ont exprimé leur colère et appelé au boycott des élections. C’est ce qu’on peut lire aussi sur les pancartes et banderoles accrochées un peu partout. A l’exception des forces anti-émeutes qui se sont déplcées sur les lieux, personne ne s’y est intéressé. Ni candidats ni autorité ni société civile.
Bien que depuis quelques semaines, les jeunes chômeurs de la commune de Aïn Beïda ont implanté une tente en plein milieu de la RN49, à l’entrée Est de la ville d’Ouargla et à quelques mètres seulement de la base aérienne et de l’aéroport d’Ouargla et donc visibles par tous, notamment par les candidats qui prennent cette route qui relie l’aéroport au centre-ville d’Ouargla. D’autres tentes sont installées par les demandeurs d’emploi dans les points névralgiques de la wilaya, entrées principales, ronds-points et routes nationales. Les chômeurs espéraient, à travers cette forme de protestation, attirer l’attention des autorités, en vain. Les protestataires ont affirmé dans un échange avec Reporters qu’ils ne sont plus concernés par les élections et que les candidats ne les représentent pas.
Par ailleurs, les candidats ont beaucoup joué dans leurs discours sur l’émotionnel et les grandes promesses et ce dans le but d’obtenir de l’électeur son soutien. <