Par Ghellab Chahinez
L’ouverture d’une enquête aux fins de lever le voile sur les agissements, qualifiés de «douteux, d’ambigus et de carrément malhonnêtes», de certains acteurs de l’emploi et chefs d’entreprise pétrolière au niveau de la wilaya d’Ouargla, est la principale revendication des demandeurs d’emploi, dans un courrier daté du 8 décembre 2020 adressé au wali et aux hautes autorités du pays. Une semaine est accordée aux autorités locales pour répondre à la requête, par communiqué ou un écrit, nous a fait savoir Kamel Bouchoule, un des militants.
Rien ne semble s’arranger pour les chômeurs et demandeurs d’emploi d’Ouargla, même en cette période de pandémie. «Rien n’a changé, car les agissements et les comportements sont toujours les mêmes.», nous disent-ils. Après 32 semaines de sit-in pacifiques et de grèves de la faim, il n’y a aucun signe manifeste d’amélioration ou une lumière quelconque au bout du tunnel, cette fois, les choses doivent changer», nous dit Kamel Bouchoule
Des sit-in organisés durant toute l’année devant le siège de la wilaya d’Ouargla, chaque mardi, ont été vains.
Les chômeurs d’Ouargla se disent «de plus en plus marginalisés» et «mis à l’écart» par les gérants d’agence de l’emploi et certains responsables de sociétés pétrolières à Hassi Messaoud. En effet, et afin de mettre à nu les agissements de certains responsables de l’emploi, une plateforme de revendications a été élaborée et remise, le 9 décembre, au wali d’Ouargla et aux autorités suprêmes, selon la voie hiérarchique. Portant un diagnostic de la situation, la plateforme comprend également une liste de noms de responsables, impliqués, selon les chômeurs, dans des dépassements dans la gestion des offres et l’attribution des postes, seuls coupables, selon eux, de la crise de l’emploi qui perdure.
Les demandeurs d’emploi ont accordé une semaine aux autorités désignées pour répondre aux revendications qui se focalisent sur deux axes, un axe de gestion et un axe technique. Dans l’axe de gestion, les chômeurs demandent, entre autres, l’ouverture d’une enquête sur la gestion de l’annexe de wilaya de l’emploi, sur le directeur, ainsi que sur la gestion des agences locales de l’emploi surtout en ce qui concerne l’absence collective et répétitive des employés. Ils réclament également l’ouverture d’une enquête sur les procédures douteuses et sombres de recrutement déployées par certains chefs d’agence locale de l’emploi. Les revendications portent également une demande d’enquête sur l’installation de manière suspecte, obscure et ambiguë, selon eux, de certains chefs d’attachés locaux, qui manquent de compétence et de qualification.
Ils exigent aussi une enquête dans le fonctionnement du service des offres d’emploi, du service de main-d’œuvre étrangère au niveau de la direction de l’emploi. Outre, une prospection au sein de l’inspection du travail en tant qu’organe de contrôle, absent dans l’exercice de ses fonctions et légalement mandaté et qui s’est impliqué avec des entreprises opérant sur le territoire de la wilaya.
Les chômeurs ont également revendiqué l’ouverture d’une enquête sur le fonctionnement du système El-Wassit, en particulier le dossier de transfert des adhérents entre wilayas, car de nombreuses personnes, étrangères à Ouargla, y ont été affiliées et recrutées au détriment des jeunes de la région, nous disent-ils, ainsi qu’une autre enquête sur l’attribution de résidences au niveau des guichets et qui connaît des violations graves, notamment l’attribution abusive et illégale des certificats de résidence, approuvées par le président de l’APC.
Ils réclament également d’abolir toutes les conditions incapacitantes, en particulier celles liées à l’âge, au niveau et à l’expérience. Outre l’ouverture d’une enquête sur les offres d’entreprises nationales qui n’ont pas été publiées et dont les demandes ont été dissimulées puis attribuées illégalement. Ils exigent aussi l’affichage des listes des résultats des tests, notamment des admis dans les entreprises nationales dans des délais raisonnables, loin de la procrastination. Ces derniers ont également appelé les autorités à enquêter dans les offres provenant des sociétés nationales destinées aux personnes aux besoins spécifiques et qui ont été confisquées et manipulées.