Aucun mot ne peut décrire la situation devenue chaotique pour tous les habitants du quartier Boughoufala, un des plus peuplés de la ville de Ouargla. Il s’agit à nouveau de travaux d’assainissement qui perdurent et qui devraient durer encore longtemps vu le rythme de leur avancement trop lent ou à l’arrêt total dans certains lieux.

Des routes et venelles complètement défoncées. Fosses et bouches d’égoût à ciel ouvert, résidus d’assainissement entassés, matériel, matériaux et engins bloquant chemins et passages pour des durées indéterminées, puisqu’aucune signalisation ou indication informative n’a été déposée. Conséquence, tout le quartier baigne dans les eaux usées stagnantes, verdâtres et puantes qui ont envahi pas seulement les routes et trottoirs, mais certaines maisons également. Les conditions inhumaines et désastreuses dans lesquelles ils vivent depuis des mois est une véritable catastrophe. Leurs cris ne suscitent apparemment pas l’intérêt des autorités locales.

Cosider met la pagaille !
Les chantiers de Cosider implantés partout dans la ville d’Ouargla, dans le cadre des opérations de réhabilitation et réparation des réseaux d’assainissements lancées en septembre dernier, n’ont fait qu’empirer la situation. Cette société nationale spécialisée en bâtiments et travaux publics semble ne plus pouvoir s’en sortir.
Les chantiers à ciel ouvert ont été lancés anarchiquement, en même temps, dans tous les quartiers de la ville de Ouargla. Toutes les routes et venelles sont quasiment impraticables à cause des pseudo-opérations de réparation des réseaux d’assainissement, ce qui rend la circulation et les déplacements des véhicules et des piétons impossibles. Cette situation donne l’image d’une ville presque sinistrée. En dehors de la RN49 qui traverse le centre-ville de Ouargla, tous les chemins qui mènent vers les quartiers et ruelles secondaires et internes sont soit défoncés soit submergés par les eaux usées.
Aujourd’hui, Ouargla est une ville où le désordre et le laisser-aller demeurent les seules particularités qui la caractérisent, malgré les sommes importantes injectées pour la réhabilitation des réseaux d’assainissements, routiers et pour l’amélioration du cadre de vie des habitants de cette ville pétrolière. « Pour passer d’un point à un autre ou aller sur le trottoir d’en face, on doit escalader des tas de déchets, de remblais et des terrains tourbeux et enjamber des flaques d’eau usée. C’est vraiment «hram» ! Ils nous laissent vivre dans ces conditions difficiles depuis des mois comme si on était des rats et non des êtres humains», crie un habitant qui portait son fils de trois ans et tentait de traverser les eaux usées à l’aide de grands pneus déposés par les citoyens pour leur faciliter le déplacement. Pour Hadj H’med, un octogénaire, qui se trouve encore dans ce vieux local spécialisé dans la réparation des machines à coudre, malgré les odeurs insupportables qui envahissent les lieux et les eaux d’égoût dès l’entrée de son local, il raconte avec amertume le calvaire que vit son quartier. «Croyez-moi, on ne dort plus depuis très longtemps. Les odeurs fétides nous étouffent, les moustiques et les rats nous ont colonisés. Mes petits-enfants souffrent d’asthme et de maladies cutanées, Dieu seul sait ce qu’on endure, mais qui s’en soucie ? »
A rappeler que, le quartier Boughoufala souffre depuis plus d’une décennie des problèmes d’assainissements malgré les appels incessants et les lettres adressées aux autorités locales et à l’Office national de l’assainissement (ONA). A l’exception de quelques travaux de bricolage, les autorités n’ont jamais pris au sérieux ce problème au risque d’avoir de graves suites s’il n’est pas pris en charge sérieusement et immédiatement.
Malgré les 3 000 milliards dépensés jusqu’ici par la wilaya de Ouargla dans le projet du siècle pour soi-disant résoudre le problème de la montée des eaux et la réhabilitation des réseaux d’assainissement à travers la wilaya de Ouargla, le problème persiste et la situation se dégrade, allant de pis en pis. D’une société belge à une société allemande Dwydag, qui travaillait pour le compte de l’ONA, le problème n’a jamais été résolu. La société algérienne Cosider n’a pas su faire mieux.