En plein quarantaine, des dizaines de personnes se précipitent, chaque matin, vers les commerces et les points de vente de semoule. Devant ces scènes surréalistes, enregistrées quotidiennement à travers la ville et les communes de la wilaya d’Ouargla, l’inquiétude s’amplifie.

Mardi matin, devant le siège de l’association d’El-K’sar, à Beni Brahim, en plein Casbah (centre-ville d’Ouargla) et devant l’entrée de l’hypermarché Acila, (à 15 km du chef-lieu de wilaya), ils étaient des dizaines de personnes à faire une queue interminable devant ces points de vente mis en place par les responsables du secteur concerné, pour acquérir de la semoule. Un jour avant, la même scène s’est produite au centre-ville, devant le dépôt de l’ex-Sempac (Eriad) au niveau de l’ancien Souk-Sebt. Malgré les risques de contagion, les autorités locales ont du mal à maintenir les citoyens chez eux et minimiser le contact entre les personnes. Une situation qui rend impossible le respect des consignes de distanciation entre les personnes, notamment dans les lieux publics, sans que cela fasse réagir les autorités concernées.
Ces scènes de bousculade, de files serrées qui marquent le quotidien de la wilaya d’Ouargla pourraient favoriser la contamination au Covid-19 si aucune mesure de précaution n’est entreprise pour éviter son éventuelle propagation. Les points de distribution de semoule sont donc devenus des lieux de contagion et source intarissable du virus, vu que les personnes ne respectent plus les règles de sécurité.
Au lieu de distribuer ce produit, qui se fait rare depuis quelques semaines, par famille ou par foyer, les autorités quasi absentes laissent le terrain aux associations sociales et de quartiers, chargées d’organiser et de distribuer la semoule, mais qui semblent avoir échoué dans leur gestion des opérations. Les autorités ne déploient aucun effort, en ce sens, pour éviter la sortie des citoyens et les rassemblements massifs contrairement aux instructions données par le ministère de la Santé et le Président de la République.
Jusqu’à mardi soir, trois cas de coronavirus sont dépistés positifs dont un décès, selon des sources médicales fiables de l’EPH Mohamed-Boudiaf. Malgré le blocus sur la situation épidémiologique au niveau local, la situation risque d’échapper à tout contrôle si les mesures de confinement ne sont pas respectées. Dire la vérité, c’est informer et avertir la population du danger qu’elle encourt et responsabiliser les citoyens sur les conséquences qui peuvent en résulter et qui peuvent être dramatiques.
Les médecins, devant la gestion irresponsable de la crise par l’administration locale, menacent de jeter leur tablier. Ils exigent de la transparence et la coordination entre les différentes parties pour mieux gérer l’épidémie et éviter les pertes de vies.