Selon des sources médicales au sein de l’Etablissement public hospitalier Mohamed-Boudiaf, sept personnes sont mortes du coronavirus durant ces dernières 24 heures. Une propagation alarmante de la Covid-19, obligeant le personnel soignant à solliciter de l’aide en dehors de l’établissement public.

L’EPH Mohamed-Boudiaf est confronté à un afflux massif de patients atteints de la Covid-19. Les staffs médicaux hospitaliers sont en désarroi face à l’épidémie. La nuit de mercredi à jeudi a été marquée par un mouvement de colère déclenché suite au décès de 7 personnes. Les familles des victimes ont dénoncé la mauvaise prise en charge de leurs proches. Ce qui a failli tourner à l’affrontement.
Une commission d’enquête a été dépêchée par le ministère de la Santé, le lundi 8 juin, pour faire la lumière sur les circonstances de prise en charge des malades et les causes de la propagation affreuse de l’épidémie dans la wilaya, classée durant plusieurs jours parmi les villes les plus touchées dans le pays.
Depuis que l’hôpital a procédé à la répartition des patients atteints de la Covid-19 sur les différents services médicaux, déjà pleins, le nombre de personnes testées positives pour le coronavirus a augmenté de façon spectaculaire, passant de 15 cas à plus de 300 en deux semaines. On déplore malheureusement plus de 30 décès, différents âges et sexes.
Le service Covid-19 avec un seul laboratoire de dépistage pour toute la région d’Ouargla, le manque de kits de prélèvement et des réactifs indispensables à la réalisation des tests, le nombre de cas déclaré est bien inférieur au nombre réel. Le nouveau scanner, installé au service de Covid-19 n’est toujours pas entré en exploitation. Actuellement, les tests et examens de dépistages se font rarement.
Des contaminations en hausse
Rien ne va plus à l’hôpital d’Ouargla. C’est une vérité et non pas une exagération. Avec la contamination d’un grand nombre de médecins et d’infirmiers, l’hôpital s’est retrouvé confronté à un grave déficit en personnel soignant. Des cas en hausse dépassant les 180 personnes sont actuellement répartis sur les différents services hospitaliers de l’établissement.
Face à cette pandémie, le peu de moyen et la mauvaise gestion de crise, la situation a empiré et menace d’échapper à tout contrôle. Le chef de service de la Covid-19, Dr. Delma Kilani, a lancé à travers des posts en vidéos, des appels aux médecins et infirmiers, étudiants, libéraux et retraités du privé de leur venir en aide.
Rassurés au début de l’épidémie par les responsables de la santé, la population a ignoré toutes les mesures de prévention et de protection imposées.
Dans une déclaration à la presse locale, le Directeur de la santé avait affirmé que tous les moyens sont disponibles pour faire face à l’épidémie. Selon lui, la structure dispose de 200 lits hospitaliers et 20 lits de réanimation. Des chiffres qui ne reflètent pas, selon beaucoup, la réalité.
Le responsable de la santé déclare également que les équipes de soins de l’hôpital Boudiaf ont été renforcées par des médecins et paramédicaux des structures de proximité. Environ 70 infirmiers exercent actuellement, selon lui. Ce dernier rassure et dit qu’il a confiance dans les capacités et les équipes médicales dont certains ont été contaminés mais qui sont revenus pour assurer leur mission.
On a appris également d’autres sources hospitalières que beaucoup de médecins et d’infirmiers refusent de travailler dans le service Covid-19 et les services comprenant les patients contaminés par crainte de contagion, surtout avec l’absence de lieux d’isolement et de moyens de prise en charge, ce qui explique le déficit subi ces derniers jours en personnel soignant.
Selon des sources médicales, l’hôpital Boudiaf est saturé et l’ouverture d’une autre structure pour accueillir les nouveaux cas de la Covid-19 est devenue une nécessité. Les responsables de la santé étudient le placement des personnes contaminées dans l’hôpital ophtalmologique cubain, pour soigner les patients souffrant de formes sévères du virus.<