La 2e édition du Colloque international sur la politique de défense nationale entre engagements souverains et enjeux territoriaux, organisée par la faculté de droit de l’université de Ouargla, a pris fin mardi soir, après deux jours de débats, conférences et ateliers qui ont tourné autour d’une unique et essentielle thématique, les défis à relever pour assurer la sécurisation du territoire et du voisinage.

L’ouverture de cette rencontre, co-organisée par le Laboratoire de recherche sur les mutations politiques, économiques, sociales et juridiques dans l’expérience algérienne, a été marquée par la participation de grands chercheurs provenant des universités nationales et étrangères ayant débattu et échangé, à travers deux auditions et six ateliers ouverts, la thématique phare « la défense et la sécurité dans la région dans ses dimensions juridiques et internationales ». La crise mondiale actuelle a conduit à de profondes reconfigurations socioéconomiques, technologiques mais aussi sécuritaires, a déclaré Pr Bouzid Lezhari, membre de l’Instance consultative internationale des droits de l’Homme de Genève (ex-membre du Conseil de la Nation), lors de la conférence inaugurale portant sur la problématique, «Le rôle de l’Armée nationale populaire et la sécurité de l’Algérie face aux enjeux géostratégiques en Afrique du Nord et dans les pays du Sahel », d’où la nécessité, selon lui, de la « réforme du Conseil de sécurité », un organe censé assurer la paix et la sécurité dans le monde. Pour sa part, le Pr Othmani Saïda, directrice du Centre international de coopération afro-européenne de Tanger (Maroc), et dans son intervention sur le thème « Les nouveaux défis sécuritaires transnationaux et la déviation du concept de sécurité collective », a souligné que l’Organisation des Nations unies (ONU) affronte de nouveaux défis, d’acteurs et de concepts d’où une nouvelle lecture visant à instaurer un système de sécurité collective qui s’avère indispensable. Afin de maintenir la paix et la stabilité dans les pays et stopper les agressions d’un pays contre un autre, l’intervenante pense nécessaire la mise en place d’un contrepoids assurant l’équilibre géopolitique international. Le Pr Nasredine Lakhdari, président du Conseil scientifique à l’université de Ouargla, a souligné à son tour, lors de son intervention, que l’ONU doit obligatoirement revoir et améliorer sa représentativité et son efficacité sur la scène internationale. Ce chercheur estime que l’instauration d’un système de sécurité collective engendre l’instauration d’alliances militaires mondiales promettant secours et assistance et qui peuvent réagir face aux crises et aux conflits. Prévoir ainsi un plus grand effectif et renforcer les processus de décision, tels sont les enjeux actuels de l’ONU, assure ce conférencier. Le Pr Goui Bouhania, président du colloque et analyste politique, affirme que ce forum a pour objet de débattre du concept de sécurité avec ses différentes dimensions et les défis auxquels sont confrontés les pays du Maghreb et les pays ayant relation avec l’Algérie. Il a ajouté dans ce contexte que les objectifs attendus de cette rencontre internationale sont presque atteints. Cette rencontre fructueuse, selon lui, a permis le transfert et l’échange des connaissances stratégiques des cercles militaires spécialisés aux forums de discussion et la recherche visant à promouvoir la stratégie nationale de sécurité et la pensée scientifique et stratégique, interactive et objective et ce dans le but de renforcer la coopération entre les chercheurs universitaires et les secteurs de la sécurité et de la défense nationale avec comme besoin urgent de construire une armure nationale puissante, comme support essentiel de l’indépendance de la nation dans le cadre de la formulation de modèles et les stratégies de sécurité, explique ce dernier. La séance de clôture a connu l’intervention du Dr Djamel Abdelkrim Echalabi, de l’université de Jordanie, le Dr Ahmed Awesel, directeur du Centre d’études iranien à Ankara (Turquie), et le Pr Mohamed El Adel, expert turc en plus du Pr Mouayed Ibrahim, de l’université de Berkeley (Californie USA), qui a traité le thème des politiques de sécurité et de défense, cas de l’Irak après-guerre.