La pharmacie d’officine constitue une partie importante du système de santé dans son ensemble et un jalon inévitable de l’acte de soigner. En touchant à son mode d’exercice, c’est tout le système de santé et son corollaire le système national du médicament qui s’en trouvera perturbé. Avec des conséquences encore difficilement imaginables.

En procédant à une modification dans l’article 259 spécifiant que « le pharmacien est l’unique propriétaire et le gestionnaire de l’officine dont il est titulaire », les membres de l’APN ouvrent la porte à une situation qui pourrait s’avérer risquée.
D’où l’inquiétude des professionnels qui ont vite fait de mettre en garde contre une telle légèreté dans la rédaction du texte. Si l’amendement est conservé en l’état cela constituera une véritable aubaine pour les groupes pharmaceutiques internationaux dont les velléités vénales sont particulièrement connues. Les contrecoups d’une telle modification iraient à contresens de la politique initiale tracée par les autorités en charge de la santé. Et en contradiction avec la politique nationale du médicament et de sécurité sociale. La question du médicament reste particulièrement épineuse en Algérie. La consommation de produits pharmaceutiques est stimulée par le système de santé algérien, qui offre une couverture quasi universelle et une gratuité des soins. Un acquis que les Algériens ne sont pas près de perdre, malgré ses imperfections. Si l’amendement en question est maintenu en l’état, l’activité pharmaceutique va s’en trouver ouverte au pouvoir de l’argent et à une domination extérieure qui fragiliserait davantage la capacité du citoyen à accéder aux médicaments pour pouvoir se soigner. Au lieu du pharmacien ce sera à des entités commerciales que sera désormais dévolu le rôle de gérer ce secteur sérieux. D’où la sonnette d’alarme des pharmaciens d’officine. Le ministre de la Santé a promis d’intervenir auprès de la commission afin de rétablir le fameux article initialement adopté par le gouvernement. A défaut, le monde de la pharmacie s’ouvrirait la porte à l’inconnu.