Par Sihem Bounabi
Nouveau né sur le front des luttes sociales. L’Organisation syndicale des retraités algériens (Osra) a tenu, , le 3 octobre courant, sa première réunion en présence des représentant des bureau régionaux de 26 wilayas, afin de tracer une feuille de route, pour «défendre les droits des retraités après avoir beaucoup perdu depuis des années», nous a confié, Bachir Hakem, un des membres de ce collectif.
Etait également présent à cette rencontre, Abdelmadjid Azzi, ancien secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs retraités (FNTR) a apporté son éclairage sur la problématiques des caisses de retraites.
Cette première réunion s’est déroulée suite au dépôt du dossier pour l’obtention du récépissé d’enregistrement au niveau du ministère du Travail, le 26 septembre dernier, alors que les premières assises de l’Osra se sont déroulées le 7 juillet dernier.
Des différents points à l’ordre du jour, l’un des points essentiels abordés est celui de la revalorisation des retraites. Bachir Hakem souligne à ce propos que « la majorité des retraités sont déçus par le retard de la signature du décret, alors que c’est un droit fondamental que tous les 1er mai, il y a une revalorisation des retraites».
Ajoutant : «Nous dénonçons ce retard surtout que les retraités vivent dans des conditions lamentables, aggravées par la chute vertigineuse du pouvoir d’achat qui s’accentue de jour en jour.»
Le deuxième point abordé par les membres de l’Osra est l’atteinte à la dignité des retraités à cause du versement des retraites étalées du 15 au 23 de chaque mois. Cela donne lieu à des scènes indignes où des personnes âgées subissent de longues files d’attentes, sans aucun respect pour leur âge ni considération pour leurs longues années de dur labeur dans tous les secteurs confondus», s’insurge notre interlocuteur.
L’inégalité entre les caisses de retraites, soit entre le Fonds spécial des retraités, la Caisse nationale des retraites (CNR) et la Caisse des retraités militaires, est également dénoncée par le syndicat des retraités.
Le membre organique de l’Osra explique que «la législation fait une différence injuste entre ces différentes caisses de retraites. A titre d’exemple, si nous prenons le Fonds spécial des retraités, qui concerne notamment les ministres, qui ont quatre à cinq ans de travail en moyenne, ces derniers bénéficient d’une retraite de 100%».
Il ajoute qu’«il faut aussi savoir que cette pension de retraite évolue suivant les années, c’est-à-dire que celui qui est sorti en retraite dans les années 1960 aura le même salaire que celui qui est sorti en retraite en 2021».
Il met ainsi en exergue «l’injustice» de «ce système à deux poids deux mesures», en précisant que «pour la CNR, des cadres qui ont dédié leur vie à la construction de l’Algérie et qui sont sortis à la retraite à la fin des années soixante, se retrouvent, aujourd’hui, avec des retraites de 15 000 DA.
C’est révoltant et injuste. Car si la règle de l’évolution des pensions suivant les années, tel que cela se fait pour le Fonds spécial des retraites, était appliquée à tous, les retraités de la CNR toucheront des pensions à salaire égal».

Le syndicaliste déplore ainsi le fait qu’ «en un mot, le législateur s’est occupé de ses propres intérêts seulement avec des lois sur mesure et nous dénonçons cela».
Parmi les revendications proposées lors de cette première réunion de l’Osra, afin de garantir le pouvoir d’achat des retraités, «élever» les pensions de retraites à un minimum de 60 000 DA. Notre interlocuteur explique que «cette pension minimale équivaut à 2 000 DA par jour, c’est le strict minimum pour un retraité, afin de vivre décemment dans le contexte de cherté de la vie actuellement». Dans le sillage de la garantie d’un pouvoir d’achat décent, lors de cette rencontre, les membres de l’Osra ont soulevé «l’injustice de la revalorisation des pensions de retraites entre 2% et 7%. Ce qui est anormal, car cela profite seulement aux pensions les plus élevées par rapport aux pensions modestes», souligne-t-il.
La gestion de la Caisse nationale des retraites a également été abordée. En effet, le conseil d’administration de la CNR est composé de représentants du gouvernement, de l’administration et des syndicalistes de la FNTR, qui sont majoritaires, ce que dénoncent les retraités. Ainsi, un appel est lancé «pour le changement de ce type de gestion et que tous les représentants des retraités puissent faire partie de ce conseil d’administration, afin de servir les intérêts des retraités.
Dans ce sillage, les membres de l’Osra réclament que la lumière soit faite sur les milliards de cotisation de la Caisse nationale des retraites (CNR) qui ont été versés dans les comptes de la Banque Khalifa, «il est temps de restituer ces milliards à la CNR».
Une des autres revendications importantes du syndicat des retraités est l’abolition de l’IRG (Impôt sur le revenu global) pour les pensions de retraite de la couche moyenne. D’autant plus, que déjà il y a une imposition sur les retraites de 20%, ce qui fait qu’au final le retraité ne touche que 80% de sa pension et en plus il est soumis à l’IRG. Bachir Hakem tient à souligner, à propos de l’Osra que «nous sommes toujours en attente du récépissé d’enregistrement de l’organisation syndicale des retraités». Il confie à ce propos : «Nous avons suivi les procédures administratives légales lors du dépôt de l’enregistrement au niveau du ministère du Travail. Mais, jusqu’à présent, il refuse de nous remettre le récépissé d’enregistrement. On nous a dit d’attendre. Pour le moment, on attend une réponse par écrit pour réagir». Il tient à rappeler que «selon les conventions internationales de l’OIT ratifiée par l’Algérie, «le retraité est un travailleur passif qui a droit à un syndicat. C’est aussi un droit constitutionnel puisque la Constitution dit qu’un syndicat par déclaration est agréé».