Proposé pour la sélection du meilleur film étranger des Oscars 2018, «la Route d’Istanbul», du réalisateur Rachid Bouchareb, a été projeté vendredi dernier en clôture de la huitième édition du Festival international du cinéma d’Alger (FICA). Une projection qui a constitué un hommage rendu par les organisateurs du FICA

à l’ensemble de la carrière de R. Bouchareb, invité d’honneur de l’édition. Le réalisateur, dont les sorties médiatiques sont rares, est apparu sur scène extrêmement ému de recevoir le trophée symbolique du festival. Et de se tourner vers les spectateurs réunis à la salle El-Mougar pour leur dire «merci à l’Algérie, merci à tous les artistes, merci aux techniciens (…)». «J’espère continuer à faire des films avec vous. Sans vous, je n’aurais jamais été aussi loin dans ma carrière», poursuit-il. Il faut savoir que le film «la Route d’Istanbul» figure parmi les œuvres qui pourraient être retenues à la compétition des Oscars, prévue début mars 2018. «Il s’agit du seul film qui représente l’Algérie aux Oscars. Le long métrage a déjà passé le premier cap de la sélection (…) C’est une chose que nous n’avons pas eu depuis longtemps», s’est réjouie Zahira Yahi, commissaire du FICA. La participation du long métrage de Rachid Bouchareb doit cependant être encore confirmée à la fin de l’année parmi la présélection de neuf films. Ce long métrage aborde la question de l’embrigadement des jeunes Européens dans les rangs des organisations terroristes en Syrie. Pour sa part, Rachid Bouchareb, popularisé dans la monde en 2006 avec le film «Indigène», a fait le choix de traiter le sujet sensible au travers du parcours d’une mère résidant en Belgique – interprétée par Astrid Whettnall – qui part à le recherche de son fils de 19 ans sur la route du nord de la Syrie ravagée par la guerre. Le scénario, coécrit par Rachid Bouchareb lui-même et Zoé Galeron, évite ainsi de donner une vision globale sur le phénomène de l’embrigadement, en se concentrant sur la détermination mais aussi la solitude d’une mère, confrontée à l’incapacité des autorités de son pays à apporter une aide. Par ailleurs, si le film de Rachid Bouchareb a déjà franchi la première étape vers la compétition des Oscars, il est à rappeler que le réalisateur avait été nominé à trois reprises par la compétition américaine organisée par la «Academy of Motion Picture Arts and Sciences», en 1996, pour «Poussière de vie», en 2007, pour «Indigène» et en 2012 avec le film «Omar m’a tuer».